© Midjourney X What's up Doc
Après la « loi infirmière » de juin 2025, qui a offert aux infirmières un rôle élargi dans le système de soins, l'Assurance maladie et les trois syndicats représentatifs (FNI, Sniil, Convergence infirmière) doivent négocier un « avenant » à leur convention, pour revaloriser les professionnelles et intégrer aux prestations remboursées les nouvelles compétences acquises.
Compétences élargies, moyens contestés
« Depuis des années, les pouvoirs publics élargissent les compétences de la profession (...) et s’appuient sur elle pour absorber les tensions croissantes du système de santé » relatives au vieillissement de la population, à la hausse des maladies chroniques, désertification médicale, entre autres. « On ne peut pas, d’un côté, multiplier les missions, et de l’autre, contenir les moyens », souligne la FNI, première organisation représentative, mardi dans un communiqué.
Aujourd'hui, « l'enveloppe proposée ne répond ni aux réalités économiques (...) ni à la reconnaissance légitime des compétences acquises », écrit le syndicat.
Sans claquer la porte, il prévient qu'il ne signera pas un « accord au rabais » et « appelle solennellement l’Assurance Maladie et les pouvoirs publics à revoir leur position et à présenter un engagement chiffré, structurant et durable ».
Négociations sous tension
Lundi, le Sniil avait annoncé « suspendre sa participation » aux négociations.
Le syndicat réclamait une « revalorisation de plus de 20 % de la lettre clé », la brique tarifaire de base des soins infirmiers. « Là, on est plus proche de 5 % », déplore auprès de l'AFP John Pinte, président du Sniil.
Il fait aussi état de « points de blocage sur les nouvelles compétences, notamment sur la consultation infirmière », créée par la loi de 2025.
L'Assurance maladie propose de créer pour l'instant deux types de consultation, ciblées « sur l'éducation à la santé » et « la prévention », « plutôt satisfaisantes » mais qui n'entreraient en vigueur « qu'en juillet 2027 et janvier 2028 », regrette John Pinte. Et « elle renvoie à des travaux ultérieurs » une éventuelle consultation sur la prise en charge des plaies, que réclamaient les syndicats, a-t-il déploré.
Selon lui, l'Assurance maladie argue d'un cadre budgétaire contraint et n'a pour l'instant pas dévoilé « l'enveloppe globale » allouée à l'accord.
Selon plusieurs observateurs, sans accord avant le 31 mars, aucune revalorisation ne pourra entrer en vigueur avant 2027.
« La négociation se poursuit », indique l'Assurance maladie, qui ne souhaite pas faire plus de commentaires.