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L'institut des pathologies du développement de l’enfant et de l'adolescent (IDEAL) accueillera le service actuel de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dont Nicolas Revel, directeur général de l'AP-HP, a souligné la « vétusté des installations ».
« Il était temps de mettre un terme à cette situation devenue impossible », a-t-il dit devant la presse, pour le service « le plus important d'Europe par le nombre de lits et d'enfants accueillis », soit 1 500 par an.
Un institut pensé pour les jeunes
IDEAL accueillera cinq unités d'hospitalisation, des consultations spécialisées pour enfants et adolescents, trois hôpitaux de jour, mais aussi une école, un gymnase, un centre de recherche, des espaces dédiés aux familles...
Avec des équipes de néonatologie, de neuropédiatrie, de médecine de l'adolescent ou encore de génétique clinique, cette offre de soins régionale doit permettre notamment de « renforcer l'accès précoce au repérage et au diagnostic ».
Cette nouvelle structure au sein de l'hôpital pédiatrique Armand-Trousseau est « indispensable » alors que « la prise en charge de la santé mentale est devenue une urgence de santé publique dans notre pays », a plaidé Nicolas Revel.
« Nous faisons face à une dégradation inédite et immensément préoccupante de l'état de santé mentale de nos jeunes qui touche tous les territoires et toutes les familles, quel que soit le milieu social », a estimé le patron de l'AP-HP.
Une demande urgente
Ainsi la fréquentation des services d'urgence à l'AP-HP pour des motifs liés à la santé mentale a bondi de 10% en 2024 sur un an, pour les adultes comme pour les enfants, et les hospitalisations post-urgences, pour ce motif, respectivement de 20% et 12%.
« Les demandes de première consultation en urgence sont exponentielles et les délais d'attente encore beaucoup trop longs », a encore noté Nicolas Revel.
Le projet sera financé par l'AP-HP, l'ARS Île-de-France, Sorbonne Université et des fonds privés (27 millions d'euros), apportés notamment par les fondations Erié et Hermès.
Après avoir connu, depuis la crise du Covid, « jusqu'à 20% de fermetures de lits et bien davantage en pédopsychiatrie », des départs de personnels et des difficultés de recrutement, l'AP-HP aura, fin 2025, « quasiment reconstitué les effectifs perdus », après « trois ans d'efforts », a par ailleurs affirmé Nicolas Revel.
Avec AFP
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