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Article 6 juillet
Omnia Swaydan a été condamnée samedi à six mois de prison et près de 20 000 livres égyptiennes (environ 350 euros) après avoir dénoncé sur Facebook des abus généralisés dans l’hôpital où elle avait effectué son internat.
Elle a été reconnue coupable par le tribunal de diffusion de fausses informations susceptibles de perturber l’ordre public, de semer la peur parmi la population et de causer un préjudice. Elle a toutefois été blanchie du chef de « violation des valeurs familiales ».
Article du 22 juin
Omnia Swaydan a été arrêtée la semaine dernière à son domicile dans la province de Beheira, dans le delta du Nil, et interrogée pour diffusion de fausses informations et utilisation abusive des réseaux sociaux, selon ses avocats, Asmaa Naeim et Mohamed Ramadan.
Elle a ensuite été libérée contre une caution de 20 000 livres égyptiennes, ont-ils expliqué sur les réseaux sociaux.
Négligence, agressions et humiliations
Sur Facebook, Omnia Swaydan racontait dans le détail des cas présumés de violences obstétricales, de négligence envers les patientes et de traitements dégradants infligés aux femmes à l'hôpital universitaire Al-Shatby d'Alexandrie, où elle a effectué son internat entre 2020 et 2021.
Le parquet égyptien a annoncé samedi l'avoir déférée devant un tribunal. Il a ajouté qu'Omnia Swaydan avait expliqué aux enquêteurs que certains de ces faits dont elle dit avoir été témoin remontaient à l'époque où elle suivait une formation et qu'en raison de son « expérience limitée », elle les avaient considérés comme inhabituels et contraires aux pratiques médicales courantes.
Les procureurs ont affirmé qu'elle avait également reconnu que d'autres lui avaient été rapportés « par des personnes qu'elle n'avait pas pu identifier » et qu'elle n'avait pas vérifié s'ils s'étaient réellement produits.
Dans un post désormais supprimé, Omnia Swaydan a dénoncé des violations généralisées au sein de l'hôpital, parlant notamment d'un médecin ayant agressé sexuellement une patiente pendant son accouchement et d'une femme giflée et humiliée dans les mêmes circonstances.
Elle a également décrit des cas présumés de refus de soins à des patients vulnérables, dont une victime d'agression sexuelle, et celui d'une femme enceinte gravement malade à qui, selon elle, on a refusé une intervention d'urgence faute de justificatif de mariage.
Les récits s'accumulent
Avant l'annonce du parquet, l'Université d'Alexandrie avait déclaré qu'elle enquêterait sur ces allégations, ajoutant que tout acte répréhensible serait traité « avec la plus grande fermeté ».
Le syndicat des médecins a quant à lui assuré n'avoir reçu aucune plainte officielle concernant ces incidents et a appelé toute personne disposant de preuves à les soumettre par les voies officielles.
A la suite des révélations d'Omnia Swaydan, plusieurs femmes ont fait part sur les réseaux sociaux d'expériences similaires vécues dans des hôpitaux publics en Egypte, en particulier dans ce même établissement d'Al-Shatby.
L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les allégations de cette médecin ni celles d'autres femmes.
Avec AFP
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