Des téléconsultations dans un container pour lutter contre le renoncement aux soins dans les déserts médicaux

Article Article

Pour faire face au phénomène de renoncement aux soins dans les zones sous-dotées en médecins, une start-up française a imaginé La Box Médicale, un cabinet de téléconsultation autonome et transportable, à destination des communes qui présentent d'importantes difficultés en matière d’accès aux soins.  

Des téléconsultations dans un container pour lutter contre le renoncement aux soins dans les déserts médicaux

La Boxe Médicale, un container de téléconsultation autonome de 15m2 pour favoriser l'accès aux soins en zones sous-dotées © DR

Déjà fonctionnel dans le sud de la France, ce cabinet de téléconsultation « déplaçable » est en cours de déploiement dans trois communes de l’Eure, territoire massivement touché par la désertification médicale. 

Ce dispositif est proposé à la vente aux communes particulièrement sous-dotées en médecins, après un arbitrage de la Drees via l’indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL), qui mesure le rapport entre l’offre et la demande de soins de premier recours dans une zone géographique définie. 

« L’idée c’est de proposer des lieux détachés des zones d’activités, qui soient totalement autonomes et installables n’importe où sur le territoire », explique Élodie Ducos, pharmacienne et cofondatrice de la Box Médicale. « Les municipalités sont exploitants et nous, on assure le fonctionnement et l’accompagnement des patients ».

« Prolongement numérique » des dispositifs de cabinet

Une fois le rendez-vous pris « de manière tout à fait classique », le patient reçoit par sms le code permettant de déverrouiller la porte d’entrée et de pénétrer dans ce container de 15m2.

A l’intérieur de la Box sont recréées les conditions d’une consultation médicale en cabinet – aux tarifs conventionnés – grâce à une borne d’appel équipée d’instruments de mesures connectés. 

De l’autre côté de l’écran, le médecin téléconsultant guide le patient qui effectue lui-même les examens cliniques à l’aide du matériel dont il dispose.  

Stéthoscope, tensiomètre, dermatoscope… Tout l'équipement nécessaire à la consultation y est intégré. « C’est simplement le prolongement numérique des dispositifs que l’on trouve en cabinet », résume le Dr Jean-Claude Weber, médecin qui consacre « environ le quart-temps » de son activité aux téléconsultations avec la Box médicale. 

En cas de dysfonctionnement technique, le support est alerté en temps réel. Et s’il arrive qu’un instrument se révèle non-fonctionnel, « on proposera évidemment au patient de consulter à distance, le temps que l’équipe de maintenance règle le problème », explique le généraliste, qui promet des délais d’intervention « très courts ».

Et pour les éventuels problèmes de réseau, courants en zone rurale, « nous assurons désormais une connexion optimale via un système d’antennes satellites, de manière à couvrir les zones moins pourvues », développe à son tour Élodie Ducos. 

Le médecin téléconsultant guide le patient qui effectue lui-même l'examen clinique

Entreprises et sites universitaires sur le coup 

Si la Box Médicale se limite pour le moment à des consultations de médecine générale, elle prévoit de se décliner à différentes spécialités, pour lesquelles le délai d’attente est particulièrement long

« Le panel des possibilités à venir est assez large, c’est en cela que le projet peut avoir un impact dans la lutte contre la désertification médicale », poursuit le Jean-Claude Weber. 

Et les collectivités ne sont pas les seules à pouvoir acquérir leur Box, le dispositif se destinant également aux acteurs privés. « Ce sont généralement des grosses entreprises ou des structures qui brassent beaucoup de monde en période estivale », précise la cofondatrice. 

Et des sites universitaires seraient également sur le coup, dans le but de « favoriser l’accès aux soins pour les étudiants les plus précaires »

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/oui-teleconsulter-ca-sapprend-les-7-points-pour-vraiment-se-decider

Et ce type de dispositif pourrait même devenir un outil de formation universitaire, « notamment dans l’apprentissage de la téléconsultation dans les facultés de médecine », imagine enfin le Dr Weber. 

Les gros dossiers

+ De gros dossiers