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La Dépakine, antiépileptique du groupe français Sanofi, est connue pour ses graves risques pour l'enfant quand elle est prise par sa mère pendant la grossesse.
Des risques encore débattus
Une vaste étude menée en France a conclu fin 2025 que le valproate de sodium, molécule à la base de la Dépakine, peut perturber le développement d'un enfant s'il est pris par le père dans les mois précédant la conception. Cependant, des experts ont relevé que cette étude n'apporte pas forcément assez d'éléments pour déconseiller la Dépakine aux futurs pères.
Jean-Marc Laurent, qui a pris ce traitement antiépileptique avant la grossesse de sa femme, a déposé récemment une plainte, que l'AFP a pu consulter, contre X devant le tribunal judiciaire de Paris.
Une plainte aux multiples chefs
La plainte, portée notamment par Charles Joseph-Oudin, avocat historique des victimes de ce médicament, dénonce « administration de substance nuisible », « atteinte à l'intégrité de la personne/blessures involontaires », « mise en danger d'autrui », « tromperie aggravée » et « non-signalement d'effet indésirable ».
« Ma fille est malade à cause de moi », déclare Jean-Marc Laurent dans Le Monde, au sujet de Margot, 17 ans, qui souffre de nombreux troubles neuro-développementaux très handicapants.
« Nous avons donc déposé cette première plainte, concernant un père, qui va ensuite en parallèle faire l'objet d'une procédure de référé au civil », expose à l'AFP Charles Joseph-Oudin. « C'est-à-dire, une mesure dans laquelle le juge doit ordonner une expertise judiciaire, avec des médecins sous le contrôle du juge qui vont s'interroger sur le lien de causalité entre l'exposition par le père et les troubles chez l'enfant », poursuit-il.
« D'autres plaintes vont suivre, puisque à mon cabinet, nous avons une vingtaine de familles qui nous ont contactés et pour lesquelles nous sommes en train de constituer des dossiers », prévient Charles Joseph-Oudin.
La réponse du laboratoire
« Nous ne pouvons pas nous prononcer sur des situations individuelles », commente Sanofi auprès de l'AFP. Concernant « un risque potentiel » chez les enfants nés de pères traités par valproate, « une mise à jour du résumé des caractéristiques du produit (RCP) et de la notice patient, ainsi que des mesures additionnelles de réduction des risques, ont déjà été mises en place en France depuis 2024 », ajoute Sanofi.
Avec AFP
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