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Le consentement en gynécologie ne se discute pas, mais les chiffres doivent être maniés avec rigueur. C’est, en substance, le message adressé par l’Union française pour une médecine libre dans une tribune publiée le 3 juillet, soit deux semaines après la publication d’une enquête de Stop-VOG sur les atteintes au consentement en consultation gynécologique.
Selon les résultats de ce sondage, plus de huit répondantes sur dix déclarent avoir subi au moins une atteinte à leur consentement lors d’un examen gynécologique, et plus de quatre sur dix disent avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales.
Mauvaise méthode de recueil
Mais l’UFMLS, tout en assurant ne pas contester la réalité des manquements au consentement, critique la méthodologie employée par Stop-VOG et l’usage qui est fait des réponses.
L’enquête repose sur un questionnaire en ligne complété par plus de 10 000 personnes volontaires, diffusé par une association militante dans une démarche de plaidoyer, souligne le syndicat.
« Ce mode de recueil ne produit pas un échantillon représentatif : y répondent d’abord celles qui ont une expérience douloureuse à rapporter », estime le syndicat. « C’est un biais d’auto-sélection connu et documenté ».
Ainsi, s’il permet de rassembler de précieux témoignages, ce sondage ne peut pas, selon l’UFML, être présenté comme une mesure de prévalence nationale par « construction statistique ». « Transformer “81 % des répondantes à un sondage volontaire” en “8 femmes sur 10”, c’est une faute de méthode (...) Cela ne retire rien à la légitimité de la démarche militante, mais cela impose une présentation médiatique plus prudente », affirme-t-il encore.
Pour appuyer sa critique, le syndicat cite l'Enquête nationale périnatale 2021, menée par l’Inserm, la Drees et Santé publique France, qui a, elle, conclu que 90 % des femmes se déclaraient satisfaites de leur prise en charge pendant la grossesse et l’accouchement.
Mais il reconnaît aussi que cette enquête ne permet pas de répondre point par point à celle de Stop-VOG, puisqu’elle ne mesure pas précisément les atteintes au consentement.
Crainte d’une profession stigmatisée
L’UFMLS redoute aussi que la communication autour de l’enquête Stop-VOG ne contribue à cibler prioritairement les médecins spécialistes alors que les parcours gynécologiques et obstétricaux impliquent de nombreux autres professionnels.
Le syndicat met en garde contre une présentation qui ferait apparaître une profession entière comme « massivement maltraitante », au risque de nourrir la défiance des patientes, voire d’en dissuader certaines de consulter.
La profession, affirme l’UFMLS, s’est déjà engagée dans une amélioration des pratiques, notamment avec la charte de consultation en gynécologie ou en obstétrique publiée en 2021 par le collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et plusieurs sociétés savantes.
Ce texte rappelle que l’examen clinique n’est pas systématique, qu’il doit être précédé d’explications, doit impliquer l’accord oral de la patiente et doit pouvoir être interrompu dès que celle-ci en manifeste la volonté.
L’UFMLS demande ainsi à ce que l’enquête Stop-VOG soit présentée comme un recueil de témoignages et non comme une mesure de prévalence, et que soit publiée sa méthodologie complète.
Plus largement, le syndicat souhaite que le débat s’appuie sur des outils épidémiologiques représentatifs, et appelle à renforcer les moyens permettant aux soignants de repérer les violences, d’accueillir la parole des victimes et de les orienter.
« Défendre les femmes et défendre la rigueur ne s’opposent pas », conclut le syndicat, estimant que la lutte contre les violences faites aux femmes suppose à la fois « une exigence scientifique, une exigence éthique et une amélioration continue des pratiques professionnelles ».