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Le praticien, aujourd’hui retraité et absent à l’audience du 8 avril pour raison de « maladie », est mis en cause par la famille d’un patient décrit comme un « retraité hyperactif », mort le 4 juin 2023 d’un cancer du poumon métastasé.
Entre janvier et mai de la même année, celui-ci avait consulté son médecin traitant « neuf fois » sans que la pathologie ne soit identifiée, relate Le Journal du Pays Yonnais.
Signes d’alerte contestés
Selon les proches du défunt, plusieurs symptômes auraient dû alerter le praticien : une perte de « 16 kg en trois mois », une fatigue persistante, des douleurs importantes ou encore une « soif permanente ».
La fille du patient a affirmé que ces éléments avaient été minimisés, le médecin attribuant notamment la perte de poids à une « prise de protéines » et relativisant les résultats d’une IRM.
Selon le journal, le Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Vendée s’est associé à la plainte, évoquant un « manque de discernement flagrant » et un « défaut d’écoute et d’attention ». Il a également pointé un dossier médical « quasiment vide », ayant « retardé considérablement » les expertises.
Prise en charge jugée insuffisante
La famille décrit un suivi médical lacunaire, évoquant notamment une consultation de moins de « cinq minutes » sans prise de tension ni pesée du patient. À la question sur la gravité de son état, le médecin aurait répondu : « Non, vous avez un truc cassé dans le dos et on va vous mettre des tiges ».
Ce n’est qu’à la suite de l’intervention d’une « secrétaire empathique » que le patient a pu consulter en urgence un chirurgien à Nantes, qui a jugé la situation « très grave » et procédé à une opération immédiate.
La fille du défunt a dénoncé l’absence d’éléments essentiels dans le dossier médical, notamment le passé de fumeur de son père, estimant qu’« s’il avait été mieux pris en charge, on aurait pu se préparer ».
« Médecin à l’ancienne »
De son côté, la défense a plaidé le profil d’un praticien « très à l’écoute et attaché à ses patients », soulignant qu’il recevait sans rendez-vous.
Son avocate a toutefois reconnu des difficultés avec le numérique, décrivant un « médecin à l’ancienne » « pas à l’aise avec l’outil informatique ».
La chambre disciplinaire a mis sa décision en délibéré et doit se prononcer sur une éventuelle sanction dans un délai de « cinq à six semaines », selon Le Journal du Pays Yonnais.
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