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Une hausse qui s’accélère
Au 1er janvier 2026, 242 185 médecins sont en activité en France, contre 237 214 un an plus tôt, soit 4 971 médecins supplémentaires. La hausse atteint +2,1 % en un an. Depuis 2012, les effectifs ont progressé de 12,2 %, avec 26 255 médecins de plus.
Cette dynamique récente est notable. La DREES souligne que la croissance des effectifs s’est accélérée sur les trois dernières années : +2,1 % entre 2025 et 2026, après +1,6 % entre 2024 et 2025 et +1,4 % entre 2023 et 2024, alors que la hausse était restée inférieure à 1 % pendant plus de dix ans. Les données sont issues du RPPS et portent sur les médecins en activité au 1er janvier exerçant au moins une activité en France.
Rapportée à la population, la densité médicale progresse aussi : elle passe de 331 médecins pour 100 000 habitants en 2012 à 351 pour 100 000 habitants en 2026. Mais cette densité globale reste un indicateur imparfait : elle ne dit rien du temps médical réellement disponible, des délais de rendez-vous, ni de la répartition fine des médecins dans les territoires.
Les généralistes repartent, mais modestement
La médecine générale connaît une reprise, mais elle reste fragile. La France compte 100 974 médecins généralistes au 1er janvier 2026, soit 955 de plus qu’en 2025. La hausse est de +1,0 % sur un an.
Cette progression ne compense toutefois pas entièrement le recul observé depuis 2012. Les généralistes étaient 101 435 en 2012. Leur effectif reste donc légèrement inférieur à celui d’il y a quatorze ans. Leur poids dans la profession recule aussi : ils représentent 42 % des médecins en 2026, contre 47 % en 2012.
La DREES rappelle que la baisse enregistrée ces dernières années s’explique en partie par la création de nouvelles spécialités en 2017, notamment la médecine d’urgence et l’allergologie, auparavant exercées par des médecins généralistes disposant d’une formation complémentaire et alors comptabilisés dans la médecine générale.
Hors médecine générale, la progression est beaucoup plus forte : les autres spécialités regroupent 141 211 médecins en 2026, soit 4 016 de plus en un an. Leur effectif augmente de +2,9 % entre 2025 et 2026, et de +23,3 % depuis 2012.
Les spécialités les plus nombreuses restent les mêmes
Parmi les spécialités hors médecine générale, les plus gros effectifs restent ceux des spécialités regroupées dans la catégorie “autres spécialités” de la DREES, avec 34 030 médecins en 2026. Cette catégorie comprend notamment la gériatrie, la neurologie, la médecine du travail, la médecine physique et de réadaptation, la néphrologie, l’oncologie médicale, la médecine d’urgence ou encore l’allergologie.
Viennent ensuite les spécialités de plateaux techniques, avec 16 639 médecins, puis la psychiatrie avec 16 199 médecins, la chirurgie avec 14 572 médecins, l’anesthésie-réanimation avec 13 980 médecins et la pédiatrie avec 9 848 médecins.
Certaines hausses sont particulièrement marquées depuis 2012. La pédiatrie progresse de +28,5 %, passant de 7 662 à 9 848 médecins. L’anesthésie-réanimation augmente de +28,9 %. La pneumologie gagne +22,9 %. La chirurgie progresse de +21,6 %. La cardiologie augmente de +17,0 %.
La gériatrie est l’un des cas les plus spectaculaires : elle passe de 1 249 médecins en 2012 à 3 449 en 2026. La DREES souligne d’ailleurs que les effectifs de gériatres ont pratiquement triplé depuis 2012.
À l’inverse, toutes les spécialités ne progressent pas. La dermatologie recule de 4 086 médecins en 2012 à 3 698 en 2026, soit -9,5 %. L’ORL baisse légèrement, de 3 018 à 2 962 médecins. La médecine du travail, passe de 5 738 à 4 857 médecins.
La profession se féminise : les femmes sont désormais majoritaires
La bascule est nette. En 2012, les femmes représentaient 41 % des médecins en activité. En 2026, elles sont devenues majoritaires : 123 017 femmes médecins, soit 50,8 % de la profession. Les hommes sont 119 168.
Depuis 2012, le nombre de femmes médecins a augmenté de 38,1 %, tandis que le nombre d’hommes médecins a diminué de 6,1 %. La transformation n’est donc pas marginale : elle change la structure de la profession.
En médecine générale, la féminisation est encore plus visible. Les femmes représentent désormais 53,3 % des généralistes, contre 40,8 % en 2012. En quatorze ans, le nombre de femmes généralistes est passé de 41 400 à 53 790, tandis que celui des hommes généralistes est passé de 60 035 à 47 184.
La DREES relie cette féminisation au renouvellement générationnel : les générations parties à la retraite depuis 2012 étaient majoritairement masculines, tandis que les générations entrantes sont majoritairement féminines.
Un rajeunissement réel, mais partiel
L’âge moyen des médecins baisse : il passe de 51,1 ans en 2012 à 49,7 ans en 2026. Le mouvement concerne à la fois les généralistes, dont l’âge moyen passe de 51,1 à 50,2 ans, et les autres spécialistes, dont l’âge moyen passe de 51,0 à 49,3 ans.
Le rajeunissement se voit surtout dans les tranches d’âge. Les moins de 40 ans représentaient 16,6 % des médecins en 2012 ; ils représentent désormais 31,4 %. Leur nombre a plus que doublé, passant de 35 790 à 76 148 médecins.
Dans le même temps, la part des médecins de 50 ans ou plus recule : 60,2 % en 2012, contre 47,5 % en 2026.
Mais le vieillissement n’a pas disparu. Les médecins de 65 ans ou plus sont beaucoup plus nombreux qu’en 2012 : 42 336 en 2026, contre 13 476 en 2012. Les 75 ans et plus sont 7 924, contre 1 032 quatorze ans plus tôt. Autrement dit, la profession rajeunit par l’arrivée de nouvelles générations, mais elle garde aussi davantage de médecins âgés en activité.
Le libéral exclusif recule, l’exercice mixte progresse
Le mode d’exercice évolue fortement. En 2012, 51,4 % des médecins exerçaient exclusivement en libéral. En 2026, ils ne sont plus que 41,7 %, soit 101 088 médecins.
L’exercice mixte progresse nettement : 17 520 médecins en 2012, contre 32 089 en 2026. Sa part passe de 8,1 % à 13,2 % de la profession.
Le salariat hospitalier gagne aussi du terrain : 58 824 médecins en 2012, contre 73 887 en 2026. Sa part passe de 27,2 % à 30,5 %. Les autres salariés représentent 14,5 % des médecins en 2026.
La DREES insiste sur ce point : les médecins exercent de plus en plus souvent plusieurs activités. Un médecin exerce en moyenne 1,6 activité en 2026, contre 1,2 en 2012. Les activités restent majoritairement libérales, mais elles sont plus souvent cumulées avec une activité salariée.
Le poids des diplômés à l’étranger augmente fortement
Autre donnée structurante : la part des médecins diplômés à l’étranger continue d’augmenter. Ils sont 27 464 en 2026, contre 14 163 en 2012. Leur nombre a presque doublé en quatorze ans.
Ils représentent désormais 11 % des médecins en activité, contre 7 % en 2012. La DREES présente cette progression comme l’un des moteurs de la hausse globale des effectifs, avec l’arrivée en activité des générations formées après l’augmentation du nombre de places ouvertes en formation médicale entre 2000 et 2020.
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