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Alors que la première promotion de docteurs juniors ambulatoires (DJA) est attendue à l’automne, les opposants à la 4A veulent se battre jusqu’au bout. Le syndicat Jeunes Médecins annonce le début d’une nouvelle bataille juridique contre cette réforme très critiquée.
L’organisation présidée par la pédiatre Anna Boctor explique à What’s up Doc avoir été contactée par des internes de Guadeloupe, « déçus » de leurs syndicats représentatifs se résigner progressivement à la réforme, à mesure que paraissent les textes d’application.
« Ils nous ont dit : ‘on a choisi Jeunes Médecins parce qu’on trouve que vous êtes plus actifs sur le plan juridique’ », détaille Anna Boctor, qui rappelle que le syndicat avait déjà déposé un recours juridique contre la réforme au moment de son officialisation dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2023.
Déterminée à porter la « colère » de ses jeunes confrères ultramarins, l’organisation, qui s’était déjà retiré du comité de suivi de la réforme, assume son intransigeance : « Un syndicat, ça monte au front, ça n’hésite pas à taper du poing sur la table et à prendre des risques », justifie Anna Boctor. « Quand des médecins de terrain nous sollicitent, c’est notre rôle d’y répondre, même si ça nous vaut des critiques ».
Détournement de finalité
Le recours envisagé devant le Conseil d’État viserait les décrets d’application – déjà parus et à venir – de cette réforme présentée par l’exécutif comme une année professionnalisante, destinée à parfaire la formation des futurs généralistes et à accompagner leur installation.
Mais les opposants invoquent un possible « détournement de finalité », estimant que la réforme poursuit en réalité un objectif de couverture territoriale des besoins médicaux dans les zones sous-dotées.
Ils reprochent également au gouvernement d’avoir présenté cette dernière année comme une immersion dans la pratique libérale, sans toutefois reprendre les conditions réelles de ce mode d’exercice, notamment en matière de rémunération.
« On ne réglera pas les déserts médicaux en transformant les internes en variable d’ajustement du système de santé », a déclaré Jeunes Médecins dans un communiqué annonçant la mise en ligne de la cagnotte.
Le syndicat redoute notamment que les docteurs juniors ambulatoires soient « parachutés » dans des territoires isolés où l’offre de soins est déjà largement dégradée, avec un encadrement insuffisant, parfois même piloté « à distance » par les maîtres de stage universitaires.
Plus que 5 000 euros
« Si on nous dit que c’est pour de la pédagogie, il faut derrière respecter le cadre pédagogique. Là, on a le sentiment que cette réforme est faite pour de la démagogie », poursuit Jean-Christophe Lecomte.
Les responsables de Jeunes Médecins n’excluent pas une contestation plus large de la réforme, notamment en matière constitutionnelle, même s’ils reconnaissent la difficulté d’obtenir l’annulation d’un dispositif déjà inscrit dans la loi.
« Tout au moins faut-il réussir à lui redonner sa véritable essence : une année de formation à la pratique libérale », abonde Anna Boctor.
Lancée lundi pour financer les frais de justice, la cagnotte a déjà atteint plus de 2 500 euros, sur un objectif total de 8 000 euros. Un engouement qui témoigne de l’importance de cette réforme pour les premiers concernés, selon le syndicat, qui pourrait compléter « de sa poche » en cas d’argent manquant.
« On n’est pas seulement en train de mesurer des likes sur un post, on est en train de mesurer des gens qui font de l’engagement financier », conclut Jean-Christophe Lecomte.
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