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Déjà, la jeune victime, porteuse d’un handicap, a modifié sa version des faits à plusieurs reprises, au cours de l’enquête. Elle a d’abord évoqué une scène de strangulation contre un mur à cause d’un téléphone portable brisé, puis une tentative d’enfermement et de défenestration. Tout ce qu’on sait vraiment, c’est que 10 jours d’ITT lui ont été prescrits.
Lors de l’audience, interrogée sur ses revirements, elle a répondu : « C’est tellement dur de tout dire. Je me suis souvenue de certains faits après », comme le relate, actu.fr.
Le médecin se dit victime
Son père, médecin, exerçant dans une commune du pays de Saint-Malo, a lui, nié tout acte de violence, affirmant avoir toujours respecté ses trois filles. Il se présente comme victime dans cet épisode familial : il aurait été frappé à trois reprises et aurait saigné, avec lui aussi 5 jours d’ITT à la clé. Il relie l’origine de cette tension à un bouleversement familial récent, sa fille aurait mal vécu la naissance récente de sa petite soeur : « Elle l’a vécue comme un traumatisme », a-t-il expliqué devant le tribunal.
Très émue, la plaignante a décrit un climat familial rigide et humiliant : « Papa était très coléreux. On ne faisait jamais ce qu’on voulait. Il disait que nous étions trop grosses. [...] Je n’avais pas le droit de vivre ma vie ». Elle a également déclaré que son père l’aurait un jour poursuivie avec deux couteaux avant un départ au ski : « Il m’a tellement fait de mal. C’est fini ».
⚖️ Une affaire aux contours flous
L’enquête est rendue difficile par le manque de cohérence entre les versions et l’absence de témoin direct. Une seule proche de la victime a été entendue, sans que sa déposition ne clarifie la chronologie des faits. La procureure de la République, Émilie Goyet, l’a reconnu : « Il est compliqué de faire la part des choses ». Elle s’est aussi interrogée sur l’apparition tardive de certaines accusations : « La victime parle aujourd’hui d’avoir été poursuivie avec un couteau, ça pose question. Sauf erreur de ma part, ce n’est pas un détail, comme le fait de vouloir jeter quelqu’un dans le vide ». Et de conclure : « Il y a des enjeux qui nous échappent dans cette histoire ». Le parquet n’a donc requis aucune peine.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/un-medecin-generaliste-de-loise-en-prison-il-violentait-sa-femme-et-ses-quatre-enfants
Malgré ces incertitudes, le tribunal a décidé de condamner le médecin à six mois de prison avec sursis simple. Il lui est interdit d’entrer en contact avec sa fille pendant deux ans. Il devra lui verser 3 200 euros au titre du préjudice moral et des frais de justice.
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