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Le Pr Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou, a remercié hier sur franceinfo « un certain nombre d’industriels », dont l’Association familiale Mulliez, qui regroupe les propriétaires d’Auchan, Decathlon ou encore Leroy Merlin, pour l’envoi en urgence de « centaines de climatiseurs gratuitement » à l’établissement parisien.
« Je les ai appelés avant-hier soir, donc c’était jeudi soir à 22 heures. Je leur ai dit : “Est-ce que vous pouvez nous donner un coup de main ?” Et à 9 heures le matin, on avait 300 climatiseurs. C’est efficace et je leur dis bravo », a-t-il expliqué.
Si les urgences de Pompidou sont climatisées, certaines chambres ne le sont pas, a précisé celui qui est également député LR des Hauts-de-Seine. Quelques jours plus tôt, il avait déjà alerté sur la situation des urgences « extrêmement grave », avec des couloirs pleins et 53 patients hospitalisés pour 20 lits habituels.
À la remarque de la journaliste, qui soulignait que les hôpitaux semblaient désormais être réduits à dépendre de la générosité de grands groupes pour rafraîchir leurs locaux, Philippe Juvin a récusé une lecture qu’il jugeait « un peu négative ». « Ça signifie qu’on bénéficie de la générosité d’un certain nombre de gens qui, du jour au lendemain, se déclenche », a-t-il répondu.
Des hôpitaux encore mal adaptés
L’épisode intervient plus de vingt ans après la canicule d’août 2003, qui avait provoqué un excès de 15 000 décès en France métropolitaine. Après ce choc sanitaire, les autorités avaient notamment mis en place en 2004 le Système d’alerte canicule et santé, destiné à anticiper les effets sanitaires des vagues de chaleur.
Mais l’adaptation du bâti hospitalier reste très inégale. Selon la FHF, aucun bilan national de la climatisation des hôpitaux n’a été réalisé et aucune directive nationale claire n’encadre vraiment cette question. Les efforts ont davantage porté, ces dernières années, sur la réduction de l’empreinte environnementale que sur l’adaptation des bâtiments aux épisodes de chaleur extrême.
L’aide du secteur privé ne se limite pas à l’hôpital Pompidou. Vendredi, plusieurs enseignes de distribution, dont Carrefour et Picard, avaient indiqué avoir fourni des tonnes de glace et l’accès à des chambres froides aux pompiers de Paris pour faire face à l’afflux de patients souffrant d’hyperthermie. Environ 20 tonnes de glaçons ont notamment été stockées à la patinoire de l’Accor Arena, selon l’AFP.
Le geste a en tout cas fait réagir le Dr Mathias Wargon, chef des urgences de l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis. Dans un message publié sur LinkedIn, il a critiqué le fait que le groupe Mulliez ait livré des climatiseurs « au groupe hospitalier universitaire le plus riche de France dans un quartier très bourgeois », avant d’appeler d’autres groupes ou milliardaires à aider les hôpitaux des villes plus pauvres.
Le gouvernement a pourtant annoncé la semaine dernière le déblocage d’une enveloppe exceptionnelle de 100 millions d’euros pour répondre aux « besoins urgents de rafraîchissement des services hospitaliers », en invitant les établissements publics et privés à acheter sans délai des équipements d’appoint, comme des climatiseurs ou des ventilateurs.
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