Respirateurs Philips et cancer, les patients français accuse le groupe de «rester sourd et muet»

Article court Article court

Le groupe Philips, qui a dû rappeler de nombreux appareils respiratoires à cause de potentiels risques pour la santé, est resté muet face aux interrogations des patients français concernés, généralement atteints d'apnée du sommeil, a regretté ce matin l'un de leurs représentants.

Respirateurs Philips et cancer, les patients français accuse le groupe de «rester sourd et muet»

"Philips est resté absolument sourd et muet", a affirmé Christian Trouchot, représentant les principales associations de patients lors d'une journée d'audition à l'Agence française de sécurité du médicament.

Le groupe néerlandais a annoncé l'été dernier qu'il rappelait dans le monde plusieurs modèles d'appareils destinés à aider les patients à mieux respirer, notamment utilisés contre l'apnée du sommeil.

Ces appareils, utilisés par 1,5 million de personnes en Europe, dont 350 000 patients en France, contiennent une mousse insonorisante. C'est celle-ci qui est en cause : le groupe a remarqué que des particules sortaient de certains appareils et pouvaient donc être inhalées ou ingérées par le patient.

Cela peut provoquer des irritations, comme des maux de tête. Le groupe a aussi évoqué un risque "potentiel" de cancers à long terme.

Or, depuis, Philips tarde à remplacer les appareils défectueux. Les autorités sanitaires françaises ont exigé que les trois quarts soient remplacés ou réparés d'ici à la mi-2022, un taux qui ne sera probablement pas atteint.

Les patients sont entre le marteau et l’enclume, leur pathologie et le respirateur potentiellement dangereux

Dans ce contexte, les patients sont tiraillés entre les risques - incertains - représentés par leur respirateur et celui - bien connu - de mettre en danger leur santé en cessant de l'utiliser. Ils n'ont guère obtenu de réponses de Philips, selon Christian Trouchot. "Les réponses de Philips furent soit évasives, soit simplement inexistantes", a-t-il déclaré.

Les patients sont "entre le marteau et l'enclume, le marteau étant la pathologie du patient, l'enclume étant sa machine", a-t-il conclu.

Également interrogés par l'ANSM, les représentants de Philips ont mis l'accent sur le fait que cette campagne de rappel avait été engagée par pure précaution et avait été suivie par des tests plus approfondis pour savoir à quel point ces appareils dégagent des particules potentiellement menaçantes.

"Ces tests prennent vraiment un temps énorme", a expliqué John Cronin, responsable médical des appareils respiratoires chez Philips, appelant les patients à ne prendre aucune décision sans en discuter avec leur médecin.

L'ANSM avait précédemment évoqué les risques de l'apnée du sommeil : somnolence accidentogène, surrisque cardiovasculaire, ou encore aggravation de l'insuffisance respiratoire.

Avec AFP

Les gros dossiers

+ De gros dossiers