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Le nombre d'intoxications recensées en France par les Centres antipoison de début 2023 à fin 2025 a fortement augmenté par rapport au bilan précédent, avec 351 enregistrées sur trois ans, annonce l'agence Anses dans son bulletin de vigilance, publié lundi.
Dans le détail : 255 cas étaient liées à l'utilisation du « Sniper 1000 » contre des nuisibles au domicile, 39 étaient dus à une ingestion accidentelle par un enfant, et 32 à une ingestion volontaire dans un but suicidaire.
Si la plupart de ces intoxications étaient bénignes, sur « les 18 cas de gravité forte, dix correspondaient à une tentative de suicide, incluant trois des quatre décès » (les circonstances exactes du quatrième n'étant pas claires), survenus après une ingestion du produit, a précisé l'agence.
Les huit cas graves hors intention suicidaire étaient dus à une ingestion accidentelle -pour deux jeunes enfants et deux adultes-, à une intoxication après application du produit par la femme de ménage -pour deux personnes- ou encore, pour une personne, au fait d'avoir dormi dans la pièce où elle avait appliqué le produit; les causes de l'un de ces huit cas graves, ayant entraîné un décès, étant donc encore incertaines.
Une substance interdite mais toujours vendue
« Autrefois utilisé pour combattre les insectes dans les habitations, les entrepôts, les cultures et les élevages », le dichlorvos, principale substance active biocide du « Sniper 1000 », est interdit depuis 2013 en France et dans l'Union européenne « en raison de sa toxicité élevée », rappelle l'Anses.
Or, vendu « illégalement sur des marchés, dans des bazars ou sur internet », le « Sniper 1000 » continue d'être utilisé pour lutter contre punaises de lits et cafards, malgré les saisies de flacons et les alertes régulièrement effectuées par les autorités sanitaires.
Toujours « importé principalement d'Afrique subsaharienne », le « Sniper 1000 » fait l'objet d'un « important trafic francilien qui s'étend désormais à d'autres grandes villes de France », rapporte l'agence, rappelant qu'il ne faut pas l'utiliser.
Près de 7 expositions sur 10 se sont produites en région parisienne - dont plus d'une sur cinq dans le seul département de la Seine-Saint-Denis -, où le produit avait été acheté principalement sur des marchés ou dans des bazars.
Lors du bilan précédent, plus de 206 cas d'intoxication liés à ce produit avaient été recensés par les Centres antipoison entre 2018 et juin 2023.
Avec AFP
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