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Pauline Ndoko, Directrice des Parcours de Soins au sein de la Direction Médicale, Maëlle Villard, responsable de la filière cancérologie pour les territoires Pays de la Loire et Centre Val de Loire et le Dr Cyriac Blonz, oncologue médical à l’Hôpital Privé du Confluent, sont unanimes : le Plan Cancer constitue un véritable levier de structuration, d’excellence et de fluidité des parcours au service d’une prise en charge plus coordonnée et plus exigeante pour les patients.
Une feuille de route nationale et 15 critères au-delà des exigences réglementaires
S’aligner sur les orientations nationales tout en allant plus loin que les exigences réglementaires, c’est la philosophie de ce Plan Cancer qui repose sur une logique simple :
« Nous avons défini 15 critères qualité internes qui dépassent le socle imposé. L’idée n’est pas seulement d’être autorisé, mais d’être structuré, coordonné et lisible pour le patient. Ces critères couvrent notamment la coordination formalisée des soins et des soins de support par des fonctions dédiées, l’organisation en hôpitaux de jour structurés, la télésurveillance, la recherche clinique, l’articulation ville-hôpital et la gradation des prises en charge chirurgicales et médicales. » explique Pauline Ndoko.
Un programme de labellisation interne permet d’évaluer les établissements et d’accompagner l’évolution de leur offre de soins. Deux centres sont déjà labellisés, les autres suivent un plan d’action personnalisé. « Chaque établissement répond à des enjeux différents. Certains doivent structurer la télésurveillance, d’autres renforcer la dynamique de recherche clinique ou formaliser leurs parcours. On est dans une logique d’amélioration continue » précise Pauline Ndoko.
Trois niveaux, un seul parcours patient
La réforme des autorisations en cancérologie a renforcé la nécessité d’une gradation des soins. Par exemple, tous les établissements ne peuvent plus pratiquer toutes les chirurgies spécialisées, notamment en chirurgie digestive ou en gynécologie.
Pour y répondre, Vivalto Santé a structuré son réseau en trois niveaux :
- Centres de proximité de cancérologie
- Centres de référence en cancérologie
- Instituts de cancérologie
Les instituts concentrent l’ensemble des autorisations chirurgicales, la radiothérapie, la médecine nucléaire, l’hématologie, des soins de support et une dynamique de recherche clinique avancée. Les centres de référence proposent également des parcours complets du diagnostic au traitement médical et/ou chirurgical, intégrant des capacités d’hospitalisation complète, notamment en soins palliatifs mais aussi d’hospitalisation de jour. Les centres de proximité assurent l’ancrage territorial, souvent en zones non métropolitaines, ils offrent au plus proche des domiciles, une entrée facilitée dans le parcours de soins. Cette proximité est essentielle car elle limite fortement les retards de prise en charge et initie de manière fluide la suite du parcours.
« Ce n’est jamais au patient de comprendre la cartographie des autorisations. C’est à nous d’organiser la continuité entre établissements. Concrètement, cela se traduit par des conventions, des parcours fléchés et des coopérations médicales territoriales. Un patient diagnostiqué dans un centre de proximité peut être orienté vers un centre de référence ou un institut du groupe, sans rupture de suivi. » insiste Pauline Ndoko.
L’Institut du Confluent : un modèle d’excellence intégrée
À Nantes, l’Institut de Cancérologie de l’Hôpital Privé du Confluent, l’Institut Catherine de Sienne, illustre cette logique d’excellence structurée. « Nous avions déjà une dynamique forte, mais le Plan Cancer nous a permis d’accélérer et d’harmoniser nos pratiques avec les autres établissements du groupe. Nous sommes, par ailleurs, partis de l’expérience patient pour identifier les moments de rupture et structurer des réponses coordonnées. » explique Maëlle Villard.
L’institut s’appuie sur une organisation complète, intégrant chirurgie carcinologique, chimiothérapie, radiothérapie sur site, oncogériatrie, soins palliatifs, recherche clinique et médecine spécialisée. Il propose également une offre structurée d’hôpitaux de jour thématiques : oncogériatrie, renutrition, soins oncologiques de support. « Une attention particulière est portée aux soins de support, coordonnés et intégrés au parcours plutôt que proposés de manière isolée : diététique, activité physique adaptée, socio-esthétique, soutien psychologique, accompagnement social, prise en charge de la douleur. La télésurveillance est également déployée pour sécuriser les traitements et anticiper les complications. » précise Maëlle Villard.
L’Institut Catherine de Sienne a par ailleurs formalisé une gouvernance dédiée, avec des comités réguliers réunissant oncologues, chirurgiens, médecins des soins palliatifs et équipes paramédicales. L’objectif : dépasser la seule RCP thérapeutique pour travailler l’organisation globale des parcours. « Nous partageons des projets, des retours d’expérience, des pratiques innovantes. Cela nous permet aussi d’être plus visibles collectivement auprès des partenaires académiques et industriels, notamment pour la recherche clinique » explique Cyriac Blonz.
Enfin, l’établissement développe les liens avec la médecine de ville et les dispositifs de soins à domicile, afin d’éviter les hospitalisations inutiles et d’assurer une prise en charge fluide entre la phase aiguë, le suivi et l’après-cancer.
En 2025, l’établissement a pris en charge près de 30 000 séances de chimiothérapie, a réalisé plus de 40 000 séances de radiothérapie, plus de 1 200 séjours en hôpital de jour et près de 5 000 séances de soins de support.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/page/un-reseau-une-vision-votre-avenir-bienvenue-chez-vivalto-sante
Parcours précoce du sein et multidisciplinarité renforcée
Pour le Dr Cyriac Blonz, spécialisé en cancers féminins, le Plan Cancer a surtout permis d’intensifier la multidisciplinarité. L’un des projets emblématiques : un hôpital de jour dédié au parcours précoce du cancer du sein.
Il explique : « En une journée, les patientes peuvent voir diététicien, coach sportif, socio-esthéticienne, psychologue. Il y a une vraie continuité. On observe d’excellents retours patients. L’organisation ne s’arrête d’ailleurs pas à la phase active des traitements. Nous travaillons désormais fortement sur l’après-cancer et le retour à la vie active. C’est un enjeu majeur pour des patientes jeunes. Le développement des soins à domicile renforce également la fluidité. Pouvoir mettre en place rapidement des perfusions ou de la nutrition au domicile évite des hospitalisations et améliore le confort des patients. »
Pour Vivalto Santé, l’enjeu est clair : conjuguer proximité territoriale, expertise médicale et continuité de parcours. « Le cancer n’est pas une prise en charge comme les autres. Cela exige une organisation rigoureuse, coordonnée et ambitieuse. C’est ce que nous construisons » conclut Pauline Ndoko.
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