Perturbateurs endocriniens : le gouvernement dévoile un nouveau plan, les associations restent sceptiques

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Après deux stratégies jugées infructueuses, le gouvernement dévoile un nouveau plan de 20 actions contre les perturbateurs endocriniens pour la période 2026-2030. Au programme : prévention, protection des plus vulnérables et renforcement des contrôles. Mais les associations dénoncent un manque d'objectifs chiffrés et de mesures contraignantes.

Perturbateurs endocriniens : le gouvernement dévoile un nouveau plan, les associations restent sceptiques

© Midjourney x What's up Doc

 

L'objectif est « de faire de chacun un acteur de la réduction des expositions aux perturbateurs endocriniens », selon un communiqué des ministères de la Santé et de la Transition écologique, qui insistent aussi sur l'approche « One Health » abordant conjointement la santé humaine, la santé animale et l'environnement.

Présents dans de nombreux objets et produits courants (produits ménagers, phytosanitaires, cosmétiques, aliments, etc.), ces substances chimiques peuvent affecter la santé humaine (cancers, troubles du neurodéveloppement, infertilité…), parfois sur plusieurs générations, en déréglant la fonction hormonale des organismes vivants.

Ils se retrouvent également dans les milieux aquatiques, l'air et les sols, et ont un impact sur la santé des écosystèmes (faune, biodiversité...).

Femmes enceintes, jeunes enfants et travailleurs parmi les publics prioritaires

Dans ses six priorités, le plan entend accompagner les acteurs locaux pour construire des environnements plus sains, mieux former, informer et sensibiliser, notamment les jeunes et les soignants, mieux protéger les plus vulnérables, comme les femmes enceintes et les jeunes enfants (maternités écoresponsables, « ordonnances vertes », consultations d'information de femmes enceintes, etc.), mais aussi les travailleurs.

La nouvelle stratégie promet aussi d'« actionner tous les leviers règlementaires pour protéger la population », en priorité sur les perturbateurs endocriniens « avérés, présumés et suspectés », et de renforcer la surveillance et les contrôles sur les produits de consommation, l'alimentation et l'eau.

La surveillance de l'imprégnation de l'environnement et des humains par ces substances figure également dans les priorités, notamment pour identifier précisément les facteurs de risques et les expositions les plus déterminantes et ainsi mieux cibler la prévention et la gestion des risques.

Manque de mordant ?

Au printemps, des associations de santé et d'environnement, comme Médecins du Monde ou Générations Futures, consultées sur le futur plan, se sont inquiétées d'une ambition « très largement fondée sur l'information et le volontariat, sans objectifs chiffrés de réduction des expositions, sans budget dédié, et sans obligation contraignante pour les industriels ».

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/dr-veronique-mondain-pollution-stress-alimentation-notre-ambition-est-de-faire-de

La précédente stratégie a eu « un bilan modeste », surtout sur les contrôles et la réduction des émissions, malgré « certaines avancées », notamment sur la règlementation, la recherche et l'information des futurs et jeunes parents, ont jugé en 2024 les Inspections générales des affaires sociales ainsi que de l'environnement et du développement durable.

Avec AFP

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