Objets connectés droit devant !

L’objet de santé connecté, ou on l’adore ou on le déteste. Pas de juste milieu avec lui. On l’attendait côté médecin, mais c’est via le patient qu’il s’est immiscé chez le praticien. Et pourtant, il frappe à nos portes et se fait une place dans le coeur et le cabinet du médecin. Alors non, le médecin n’est pas un Néandertalien et oui, il a bien l’intention d’être, lui aussi un geek de la médecine !

Thierry Duthoit, médecin généraliste bousbecquois d’une soixantaine d’années, exerce en cabinet libéral et a franchi il y a quelques mois le pas de l’usage professionnel d’objets de santé connectés. Équipé d’une balance et d’un tensiomètre 3.0, le praticien s’avoue conquis.

« Je trouve ça assez génial ! », se réjouit-il. « C’est d’une simplicité désarmante. Les données sont reportées directement dans mon observation médicale dès que le patient monte sur la balance. Son dossier numérique s’alimente automatiquement de ces éléments qui sont classés, de facto, avec les data cliniques patient. » Même constat avec le tensiomètre connecté, Thierry reste enthousiaste et estime qu’il peut plus facilement se concentrer sur l’analyse diagnostique. « Une simple pression sur le bouton de ces objets et je peux retourner à mon bureau, pour compléter les éléments de l’anamnèse et reporter les signes fonctionnels que je n’avais pas encore pris le temps de noter. »

ET LA FIABILITÉ DANS TOUT ÇA ?

Au delà de la rapidité et de la simplicité d’usage dans la pratique courante, la question de la fiabilité du matériel est au cœur du débat. Si la législation à ce niveau n’en est encore qu’à ses balbutiements (une normalisation ISO est attendue en 2017), bon nombre de fournisseurs de matériel médical n’ont pas attendu pour se constituer un rigoureux cahier des charges.

« Pour ma part, j’ai comparé les données fournies avec les appareils que j’utilise actuellement, et les résultats sont cohérents. J’utilise un tensiomètre classique », explique Thierry. « Sa seule particularité, c’est qu’il est connecté via bluetooth à mon ordinateur et au logiciel de gestion des données patient. » Connecté ou non, l’outil utilisé répond donc aux mêmes normes et aux mêmes exigences. Un gage de qualité pour le médecin qui n’a pas droit à l’erreur.

PETITES INFORMATIONS, GRANDE IMPORTANCE

« Le recueil des signes physiques est important », avoue Thierry. « Il arrive pourtant régulièrement que l’on oublie de les noter. On voit le poids, et puis on l’oublie. Pareil pour la tension.  Avec un objet connecté, la technologie y pense pour vous. »  Les données sont donc plus complètes et permettent de suivre l’évolution d’un patient de manière plus fine.

Les objets connectés devraient se multiplier pour le praticien et la gestion de ces données deviendra prédominante via des logiciels dédiés. En 2020, le marché des objets connectés en santé devrait être d’environ 3 milliards d’euros.1 Thierry utilise déjà un logiciel dédié et espère que ses confrères l’adopteront aussi. Au delà du recueil des données,  la transmission des fiches et des informations d’un spécialiste à l’autre pourrait devenir monnaie courante.  Il n’y a donc plus qu’un pas vers une médecine connectée.

 Article écrit en partenariat avec Cegedim Logiciels Médicaux

Source: 

1. Étude de l’Institut Montaigne et du cabinet AT Kearney

Portrait de Johana Hallmann
article du WUD 27

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