Ménopause : les sages-femmes pourraient bientôt assurer des consultations longues et prescrire des traitements hormonaux

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Le gouvernement a dévoilé hier une série de mesures pour améliorer la prise en charge de la ménopause, encore marquée par un manque d'information et des inégalités d'accès aux soins. Parmi elles, la création de consultations longues assurées par les sages-femmes et la possibilité de les autoriser à prescrire des traitements hormonaux.

Ménopause : les sages-femmes pourraient bientôt assurer des consultations longues et prescrire des traitements hormonaux

© Midjourney x What's up Doc

 

Dispositif Mon Bilan Prévention renforcé, rôle accru des sages-femmes, bonnes pratiques diffusées auprès des soignants figurent parmi une dizaine d'engagements dévoilés lors des premières « Assises de la ménopause ». L'organisation de cet événement était l'une des 25 recommandations en 2025 d'un rapport, fruit d'une mission confiée par Emmanuel Macron à Stéphanie Rist, alors députée.

Synonyme médicalement de fin de l'activité ovarienne et de l'arrêt des cycles menstruels, la ménopause a diverses conséquences sur la santé des femmes : symptômes parfois invalidants, risque d'apparition de pathologies futures (ostéoporose, risques cardiovasculaires, cognitifs…).

Mais « aujourd'hui encore », a jugé Stéphanie Rist à Paris Santé Campus, « la réponse dépend trop souvent de la capacité de chaque femme de se débrouiller seule » car la ménopause reste « un impensé collectif ».

Plaidant pour une « information plus accessible », un « parcours plus organisé » et « une responsabilité plus collective », elle a annoncé que Mon Bilan Prévention, proposé notamment entre 45 et 50 ans, sera « renforcé » pour « mieux orienter » les femmes.

Les sages-femmes sont prêtes à prescrire

Pour élargir leur accès à des soignants, des négociations conventionnelles vont démarrer « dans les prochaines semaines » entre l'Assurance maladie et les sages-femmes, sur la mise en place d'une « consultation longue ménopause permettant un bilan global de santé ».

« Une avancée importante », a salué l'organisation nationale des sages-femmes (ONSSF) dans un communiqué, disant attendre « la lettre de cadrage » fixant les priorités.

Observant que « quasiment une femme sur deux est sans suivi gynécologique », la présidente du conseil national de l'Ordre des sages-femmes, Isabelle Derrendinger, a affirmé lors des Assises que « les sages-femmes sont prêtes à assurer les consultations longues et à prescrire le Traitement Hormonal de la Ménopause (THM) ».

La ministre de la Santé a annoncé avoir saisi la Haute autorité de santé sur « les conditions dans lesquelles les sages-femmes pourraient être autorisées » à prescrire ces traitements.

Le sujet est sensible. Au nom de la Société française de ménopause (Gemvi), Geneviève Plu-Bureau a glissé que les sociétés savantes de gynécologues médicaux étaient « un peu frileuses pour déléguer » la prescription du THM. À l'inverse, Olivier Marpeau, gynécologue et influenceur santé, a jugé qu'« on n'a pas le choix » vu l'accès limité aux gynécologues.

Pour la prise en charge de la ménopause, de nouvelles recommandations de la HAS, attendues mi-2027, seront diffusées aux soignants et intégrées à leur formation continue ; d'autres, aux patientes.

Elles permettront de « renforcer la qualité de l'accompagnement » et « permettre une prise en charge adaptée », selon Sophie Gehin, cheffe du service des bonnes pratiques de la HAS, laquelle a déjà réévalué en 2025 le traitement hormonal de la ménopause.

Campagne nationale contre la désinformation

« Contre l'océan d'informations parfois contradictoires », selon Stéphanie Rist, une campagne nationale de sensibilisation sera lancée en janvier et, sans attendre, un guide de bonnes pratiques destiné aux créateurs de contenus.

Car « le vide informationnel (...) est occupé par des remèdes miracles, affirmations invérifiables, faux professionnels, contenus commerciaux », a-t-elle déploré, et « la rapidité des outils de traduction par l'IA accélère la désinformation ».

Outre la santé, la ménopause peut aussi perturber le travail. Elle « ne doit plus être un frein à la vie professionnelle des femmes », et des « solutions concrètes », comme « un aménagement des horaires, quelques jours de télétravail », peuvent être apportées, « dans le respect du dialogue social », a plaidé le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.

Au travail, la ménopause se heurte encore au « tabou », selon Florence Chappert, membre de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail, qui a exhorté à des « adaptations très concrètes d'organisation » car les jours de congé ne correspondent « pas à leur besoins ».

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Les bénéfices attendus d'un meilleur accompagnement de la ménopause pour les femmes, les employeurs et la société vont être évalués par le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan. Les conclusions sont attendues à la mi-octobre 2027, pour la Journée mondiale de la ménopause.

Avec AFP

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