© Laura Hespel
Qui dit année particulière dit rencontres de la Fédération de l’Hospitalisation Privée particulières. À quelques mois de l’élection présidentielle d’avril 2027, les 25es Rencontres de la FHP, organisées le 8 octobre, ont pris une dimension résolument politique.
Le 16 septembre dernier, la FHP a publié un document présentant 15 propositions « pour répondre aux défis auxquels le système de santé est confronté », concernant l’accès aux soins, l’attractivité des métiers, l’intégration des nouvelles technologies et la soutenabilité financière des établissements de santé.
Ces rencontres ont donc été l’occasion pour les professionnels de confronter les propositions de la Fédération à celles de plusieurs personnalités politiques, candidates potentielles à l’élection présidentielle ou représentant des prétendants à l’Élysée : David Lisnard (Nouvelle Énergie), Xavier Bertrand (Nous France), Bernard Cazeneuve (La Convention), Frédéric Valletoux (Horizons), Yannick Neuder (Les Républicains) ainsi qu’Aurélien Rousseau (Place publique) ont ainsi échangé avec les professionnels de santé présents.
Une loi pluriannuelle et la prévention au cœur de toutes les discussions
Premier point de convergence : la mise en place d’une loi de programmation pluriannuelle en santé, sur au moins cinq ans, à l’image de celles qui existent déjà pour la justice ou la défense.
L’objectif est de donner davantage de visibilité aux établissements pour anticiper leurs investissements et mieux répondre aux défis des déserts médicaux et du vieillissement de la population. « L’idée serait d’avoir un plan clair sur le long terme pour rétablir les comptes et offrir davantage de transparence aux Françaises et aux Français », déclare l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve sur le sujet, qui a par ailleurs laissé entendre qu’il ne serait probablement pas candidat, en raison du « trop grand nombres de personnes qui se sont positionnées ».
Autre sujet faisant consensus : la prévention. « Il faut que notre système de santé pivote, notamment sur la prévention, en renforçant les dispositifs de dépistage, les campagnes de sensibilisation réalisées par tous les professionnels de santé », affirme Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France.
Revoir la gouvernance du système de santé
Si les responsables politiques invités s’accordent sur la nécessité de modifier la gouvernance du système de santé, ils divergent sur les moyens d’y parvenir.
Pour David Lisnard, « il faut partir du terrain, de la réalité locale » tout en envisageant de regrouper ou de supprimer certains organismes nationaux, comme la Haute Autorité de santé (HAS), le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) ou encore l’Institut national du cancer (INCa). « Il faut créer un ministère de la stratégie », lance le maire de Cannes face au public présent.
Aurélien Rousseau et Bernard Cazeneuve mettent, de leur côté, l’accent sur la « responsabilité territoriale » et sur le rôle des institutions régionales. « Il faut décentraliser le système de santé et créer une conférence régionale de santé mobilisant tous les acteurs par territoire », explique Bernard Cazeneuve.
Financement et innovation : des pistes pour transformer le système
Le financement du système de santé constitue également un enjeu central des échanges. Yannick Neuder propose notamment de simplifier davantage l’organisation de l’Assurance maladie, en continuant à distinguer « ce qui relève de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) de ce qui relève des complémentaires », tout en renforçant la prise en charge du vieillissement.
Frédéric Valletoux, présent au nom d’Édouard Philippe, souhaite quant à lui réexaminer la prise en charge de certains actés jugés « moins utiles aujourd’hui » afin de dégager des marges de manœuvre pour financer l’innovation. La plupart des intervenants souhaitent également renforcer l’usage de l’intelligence artificielle en médecine afin de libérer du temps aux professionnels de santé et gagner en efficacité.
Mais Aurélien Rousseau reste prudent sur le sujet : « nous sommes très en retard sur la régulation de l’IA en France, notamment sur les questions éthiques, et il faut vite agir », conclut le représentant de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann.