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Le tribunal de Magdebourg a reconnu Taleb Jawad al-Abdulmohsen, 51 ans, coupable de six meurtres, notamment, et retenu la particulière gravité de la culpabilité. Le tribunal a également ordonné, pour l'homme de 51 ans, une rétention de sûreté sous réserve, laquelle sera un jour examinée par la justice.
Ces deux dispositifs compliquent considérablement une remise de peine. Sans cela, en Allemagne, une libération anticipée est théoriquement possible après 15 ans de prison, même en cas de condamnation à perpétuité.
« Concrètement, cela signifie que l'accusé n'a qu'une chance infime, si tant est qu'il en ait une, de retrouver un jour la liberté », a résumé Christian Löffler, porte-parole du tribunal. Le parquet comme les victimes espéraient que la mesure de sûreté, réservée aux détenus dangereux, lui soit imposée d'office.
L'accusé voulait faire « un nombre très élevé de victimes » et a « accepté que toute personne se trouvant dans le rayon d'action de son véhicule puisse être tuée ou grièvement blessée », a déclaré le juge Dirk Sternberg.
Une par une, il a ensuite détaillé les blessures de toutes les victimes, si nombreuses que le tribunal avait construit une salle d'audience pour l'occasion, une structure légère provisoire.
Profil islamophobe
Vêtu d'un jeans et d'une chemise longue bleu sombre, le psychiatre saoudien à la barbe grise n'a pas eu de réaction manifeste à l'énoncé du verdict.
Le 20 décembre 2024, un vendredi soir, ce médecin avait foncé avec une BMW X3, un SUV compact de plus de 340 chevaux, sur le marché de Noël du centre de cette ville de l'est de l'Allemagne. Un garçon de neuf ans et cinq femmes âgées de 45 à 75 ans sont morts, plus de 300 personnes ont été blessées.
Au lendemain de l'attentat, les autorités allemandes avaient souligné le profil « islamophobe » de Taleb Jawad al-Abdulmohsen, arrivé en Allemagne en 2006. Des responsables politiques, ainsi que certains médias lui prêtaient même des accointances avec l'extrême droite allemande.
Celui-ci reprochait aux autorités allemandes de ne pas assez protéger les Saoudiens fuyant leur pays pour des raisons religieuses ou politiques, et de se montrer à l'inverse généreuses à l'égard de réfugiés musulmans venus du Moyen-Orient.
Personnalité narcissique
Par son acte, Taleb Jawad al-Abdulmohsen a voulu « attirer l'attention du public sur ses thèmes », a estimé Dirk Sternberg.
Un procès perdu contre une association de réfugiés de Cologne et une « faille narcissique » ont contribué à façonner son désir de « vengeance contre la population allemande, qu'il assimilait à l'État », a ajouté le magistrat.
Outre un trouble de la personnalité narcissique, les expertises psychiatriques effectuées avaient conclu à sa responsabilité pénale, sans altération de sa capacité de discernement, et à sa dangerosité persistante.
Accusation et parties civiles ont elles souligné son absence de remords. « Je n'ai jamais été confrontée à autant de souffrance dans une seule procédure pénale », a insisté Ina Alexandra Tust, avocate d'une famille de victimes, dans une réaction écrite à l'AFP. « Et malheureusement, l'accusé n'a, jusqu'au bout, pas compris l'ampleur de la souffrance qu’il a infligée aux gens. »
Avec AFP
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