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Vendredi, les médias locaux avaient identifié la femme comme étant Daria Chipilova, une technicienne de laboratoire de 28 ans qui travaillait pour l'Institut de lutte contre la peste de la ville d'Irkoutsk, à quelques centaines de kilomètres de la frontière mongole.
Le média russe Peuples du Baïkal avait rapporté le même jour qu'elle aurait pu contracter la peste pulmonaire à la suite du bris d'un tube à essai.
Jusqu'à 200 personnes avec lesquelles elle aurait pu être en contact auraient été placées en quarantaine, avait également rapporté ce média, sans donner plus de détails. Ces informations n'avaient pas pu être vérifiées par l'AFP.
Vendredi également, Alexeï Tsydenov, le gouverneur d'une région voisine, avait indiqué dans un message sur les réseaux sociaux qu'une femme était « morte de la peste » dans la région d'Irkoutsk.
Les analyses contredisent cette piste
Ce lundi 5 octobre, les autorités russes ont toutefois minimisé ces premières informations. Les analyses réalisées par une commission d'experts spéciale montrent que la cause du décès de la jeune femme est « une pneumonie » d'origine « indéterminée », a affirmé le gouverneur de la région d'Irkoutsk, Igor Kobzev.
Selon l'enquête menée par l'agence russe de santé publique Rospotrebnadzor, « aucun micro-organisme lié à l'activité professionnelle de la jeune femme n'a été détecté dans ses biomatériaux », a-t-il déclaré sur Telegram.
La situation sanitaire dans la région est « stable », a également affirmé Igor Kobzev, ajoutant qu'aucun autre employé de l'Institut de lutte contre la peste n'avait consulté de médecin depuis l'annonce du décès de la jeune femme.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a également enjoint aux journalistes de « se référer aux déclarations officielles de Rospotrebnadzor plutôt qu'aux rumeurs et spéculations ».
Les États-Unis ont également indiqué suivre la situation « de près ». « Les déplacements entre les États-Unis et la Russie sont évidemment très limités, mais comme pour toute autre chose, si quelque chose de ce genre venait à s'échapper, cela pourrait se propager rapidement », a déclaré le secrétaire d'État américain Marco Rubio à la presse.
Maladie loin d'être éradiquée
Des foyers naturels de la bactérie Yersinia pestis, responsable de la peste, existent sur tous les continents sauf en Océanie, selon l’OMS. Entre 2019 et 2025, 3 860 cas suspects, dont 2 646 confirmés, ont été signalés dans dix pays, principalement en République démocratique du Congo et à Madagascar.
Il existe trois principales formes cliniques de la maladie : la peste bubonique, la plus fréquente et qui touche notamment les ganglions lymphatiques ; la peste septicémique, lorsque la bactérie se multiplie dans le sang ; et la peste pulmonaire, qui atteint les poumons.
Cette dernière, évoquée dans les premières informations concernant le décès de Daria Chipilova, est la forme la plus virulente. Elle peut se transmettre entre humains par des particules respiratoires. Sans traitement précoce, les formes pulmonaire et septicémique sont mortelles, mais les antibiotiques sont efficaces lorsqu'ils sont administrés rapidement.
Avec AFP
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