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Le médecin était poursuivi pour des faits d’agression sexuelle dénoncés par l’un de ses employés, Yann Teva Christian. L’affaire avait déjà été examinée en octobre 2025. À l’issue de cette première audience, le tribunal avait ordonné un supplément d’information. Le dossier a été rejugé le 24 février 2026 devant une nouvelle composition.
Comme le rapporte Guadeloupe la 1ère, peu d’éléments nouveaux ont émergé au cours de cette audience de plus de quatre heures, hormis la constitution de partie civile de l’Ordre national des médecins.
Un enregistrement audio au cœur du dossier
Les débats ont été marqués par l’opposition frontale entre le prévenu et la partie civile, chacun maintenant sa version des faits. L’attention des magistrats s’est concentrée sur un enregistrement audio de 32 minutes réalisé à l’insu du médecin par son salarié.
Dans cet enregistrement, la victime confronte son employeur sur les faits dénoncés. La procureure de la République, Alexandra Onfray, a regretté que l’intégralité du fichier ne puisse être diffusée à l’audience, estimant qu’il contenait des éléments déterminants. « Tout y est, jusqu’à l’aveu. C’est criant de vérité », a-t-elle déclaré.
Le ministère public a requis trois ans d’emprisonnement, dont deux assortis du sursis, ainsi que l’inscription au fichier des délinquants sexuels et cinq ans d’inéligibilité.
Contestation de la défense
L’avocat du médecin, Me Alagapin Graillot, a dénoncé des réquisitions « démesurées ». Il a longuement contesté la valeur probante de l’enregistrement, évoquant des incohérences dans les métadonnées du fichier audio et l’absence, selon lui, d’identification formelle de la voix de son client.
Le tribunal ne s’est pas limité à cet élément. Les investigations complémentaires ont permis à d’autres salariés de reconnaître la voix du prévenu sur l’enregistrement.
À l’issue du délibéré, Youri Socrier a été déclaré coupable. Il a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis, 10 000 euros d’amende, une obligation de soins, cinq ans d’inéligibilité et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
À la sortie de l’audience, son avocat n’a pas souhaité faire de commentaire.
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