Baisses de tarifs en radiologie : la FNMR dénonce des données « déjà périmées », pourtant utilisées par la Cnam

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La Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) conteste les données économiques consacrées à la radiologie dans le rapport Charges et Produits 2027 de l’Assurance Maladie, estimant qu’elles ne reflètent plus la situation financière actuelle des cabinets libéraux.

Baisses de tarifs en radiologie : la FNMR dénonce des données « déjà périmées », pourtant utilisées par la Cnam

© ChatGPT

Présenté le 2 juillet puis approuvé le 9 juillet par le conseil de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam), ce rapport formule 40 propositions destinées à améliorer la qualité des soins et à maîtriser les dépenses de santé. La Cnam chiffre à 3,9 milliards d’euros les économies envisagées pour 2027, dans un contexte de déficit de l’Assurance Maladie estimé à 13,8 milliards d’euros en 2026.

Dans un communiqué publié jeudi, la FNMR reproche à l’Assurance Maladie de s’appuyer sur des données de rentabilité datant de 2023 pour évaluer la situation des structures privées de radiologie.

Depuis cet exercice comptable, les tarifs du secteur ont, selon la fédération, déjà subi deux diminutions : une baisse de 8 % en novembre 2025 et une autre de 10 % au 1er juillet 2026. Une troisième diminution serait prévue en janvier 2027.

« Le rapport que la Cnam s’apprête à utiliser pour justifier de futures baisses de tarifs décrit une situation économique qui n’existe déjà plus », affirme la FNMR.

L’organisation demande qu’aucune nouvelle mesure tarifaire ne soit adoptée avant que les conséquences des baisses précédentes aient été évaluées.

Des investissements financés par les cabinets

La fédération conteste également l’assimilation de la rentabilité des cabinets à un bénéfice immédiatement disponible. Elle souligne que les radiologues libéraux doivent financer eux-mêmes leurs locaux ainsi que l’achat et le renouvellement de leurs appareils.

Selon les chiffres avancés par la FNMR, une IRM coûte environ un million d’euros et un scanner plus de 600 000 euros. Ces équipements doivent généralement être renouvelés tous les sept ans, précise-t-elle.

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Cette situation distingue les cabinets privés des établissements publics, dont les équipements peuvent être financés par des enveloppes d’investissement public et qui obéissent à un cadre budgétaire différent.

La FNMR demande donc la réalisation d’un audit « indépendant et contradictoire » sur le coût réel des équipements et de leur exploitation avant toute nouvelle baisse de tarifs.

Le dépistage du cancer du sein mis en avant

La fédération alerte par ailleurs sur les conséquences que les réductions tarifaires pourraient avoir sur le dépistage organisé du cancer du sein.

Elle réclame une tarification spécifique permettant, selon elle, de préserver un modèle dans lequel le radiologue reste présent auprès de la patiente pendant le parcours de dépistage, une présence qu’elle considère comme nécessaire à la qualité et à la fiabilité de l’examen.

Plutôt qu’une diminution uniforme des tarifs, la FNMR propose un plan d’économies de 460 millions d’euros fondé sur la pertinence des prescriptions d’imagerie : réaliser « le bon examen, au bon moment, pour la bonne indication ».

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La fédération estime également qu’un raccourcissement des délais d’accès aux examens pourrait réduire la durée de certains arrêts de travail. Elle affirme que cette proposition n’a pas, à ce stade, été mise en œuvre par l’Assurance Maladie.

« Une trajectoire négociée, fondée sur des données actualisées et partagées, servira mieux l’intérêt des patients et la soutenabilité du système que la seule logique de baisse tarifaire », conclut la FNMR, qui se dit disponible pour reprendre les discussions avec la Cnam et les pouvoirs publics.

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