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Par cette plainte avec constitution de partie civile, révélée par Le Parisien, ces femmes « mutilées » espèrent « qu'une justice indépendante dise la vérité de cette affaire sanitaire pour les unes, économiques pour les autres », ont déclaré leurs avocates Amandine Sbidian, Hélène Patte et Laure Heinich.
La procédure de plainte avec constitution de partie civile permet la saisine, quasi systématique, d'un juge d'instruction.
La plainte contre X a été déposée vendredi au tribunal de Paris pour tromperie aggravée, blessures involontaires, mise en danger d'autrui, abstention volontaire d'empêcher des crimes ou délits contre l'intégrité corporelle.
Les accusations, qui visent des faits s'étalant de 1994 à 2022, avaient déjà fait l'objet d'une enquête préliminaire au pôle Santé publique, classée en décembre 2024.
Le parquet avait estimé qu'il n'était « pas apparu de manquements à la réglementation en vigueur », ni « par les fabricants », ni « par les organismes notifiés en charge de la certification », selon la motivation du classement que l'AFP avait consultée.
Une décision qui tranche avec l'analyse d'autres pays, estiment les avocates. « L'affaire des implants vaginaux a fait scandale dans le monde entier, donnant lieu à des indemnisations pour des victimes dans de nombreux pays », soulignent-elles.
Des vies bouleversées
Dans leur plainte, consultée par l'AFP, une femme décrit ne plus pouvoir « faire de sport, croiser ses jambes, mettre des chaussures à talons, de vêtements trop serrés », tandis qu'une autre souffre de « douleurs à l'anus » l'empêchant de s'assoir sans bouée.
Une troisième ressent comme « des décharges électriques » au niveau des parties intimes, une quatrième subit des « urines hémorragiques ». Une cinquième encore déplore un préjudice financier, puisqu'elle a dû s'endetter pour pouvoir financer une opération de retrait aux États-Unis.
Les avocates soulèvent la responsabilité, à leurs yeux, des laboratoires et des organismes publics. Pour les premiers, elles estiment qu'ils ont trompé les femmes opérées, en dissimulant les « risques inhérents » aux produits, notamment.
« Plus encore, ces femmes n'ont jamais reçu d'information sur le fait qu'en cas de complication grave, le retrait de la bandelette pourrait nécessiter de multiples interventions chirurgicales, voire pourraient ne jamais être retirées », accuse la plainte.
La plainte vise aussi les organismes publics, imputant les dommages graves des plaignantes à des « pratiques illégales persistantes de professionnels de santé que les organismes de santé publics avaient le pouvoir de contrôler et de sanctionner ».
Avec AFP
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