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Le projet de texte consulté par l'AFP adapte la profession à la réforme de juin 2025, qui « consacre l'élargissement des compétences » des infirmières, « valorise pleinement leurs pratiques quotidiennes et affirme leur rôle clé dans notre système de santé », est-il écrit.
Il vise à « améliorer les conditions d'exercice », tenant compte de la « pénibilité du métier » via des hausses notamment de la valeur des actes techniques et de la prise en charge des patients dépendants.
Il représente une enveloppe « d'un peu plus de 500 millions d'euros » annuels à terme - avec des revalorisations progressives sur plusieurs années - versés par l'Assurance maladie, selon les trois syndicats représentatifs, auxquels il faut ajouter « 30 à 50 millions » de prestations remboursables par les complémentaires santé, selon Daniel Guillerm, président du premier syndicat représentatif, la FNI.
Si l'accord est signé, la « lettre clé », la brique tarifaire de base pour calculer la valeur des différents actes de soins infirmiers, sera revalorisée en deux temps d'ici fin 2027. « Pour une injection, c'est 30 centimes supplémentaires, mais pour un pansement, plutôt 1,20 euro », décrypte John Pinte, président du Sniil.
Une revalorisation trop faible selon les syndicats
Nouvelle compétence donnée par la loi, la « consultation infirmière » sera intégrée de manière « progressive » aux actes remboursés, avec dans un premier temps la création de deux types de consultation, chacune rémunérée 20 euros, et qui entreraient en vigueur à partir de mi-2027.
L'une sera centrée sur l'accompagnement de diabétiques de type 2 nouvellement traités par insuline (éducation thérapeutique, gestion du traitement, prévention des complications...), l'autre sur le « suivi » d'un patient après la réalisation d’un « bilan Prévention ». L'infirmier pourra réaliser au maximum quatre consultations par patient.
S'il est adopté, l'accord permettra aussi aux infirmières de prendre en charge « directement » les plaies simples, sans prescription médicale préalable. Mais contrairement aux souhaits des syndicats, le texte ne crée pas de consultation dédiée aux plaies.
Syndicats et Assurance maladie travailleront dans les prochains mois sur d'autres motifs de consultation possibles, notamment sur le retour d’hospitalisation post-AVC, la prévention en santé mentale, ou les situations d’urgence.
Le syndicat Convergence infirmière note « plusieurs avancées » mais regrette une revalorisation inférieure aux attentes, au regard du 1,6 milliard d'euros accordée aux médecins.
La FNI « ne se prononce pas » encore, espérant « faire bouger les lignes ». Mais observe « le coup de pouce de 100 millions » décroché dans la dernière ligne droite par le directeur général de l'Assurance maladie dans « un contexte budgétaire contraint ».
Avec AFP