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Dans un communiqué commun publié ce jeudi 22 octobre, cinq organisations de la spécialité dénoncent le projet de décret gouvernemental visant notamment à plafonner à 30 % du temps de travail l'activité esthétique des médecins.
« Plafonner à 30 % une activité qui pèse 3 % ne libère aucun temps médical », affirment les signataires, parmi lesquels la Société française de dermatologie (SFD) et le Collège des enseignants en dermatologie de France (CEDEF).
Car si, selon eux, les dermatologues consacrent en moyenne 3 % de leur temps à l'esthétique, ils seraient plus de la moitié (58 %) à n'en pratiquer aucune. Seuls une vingtaine de libéraux exercent exclusivement cette activité, avancent-ils.
Pour les organisations, la pénurie résulte avant tout d'un manque de formation de nouveaux spécialistes. Elles rappellent que 102 postes d'internes ont été ouverts en dermatologie en 2025, contre 107 en 2015, et font état d'une baisse de 17,8 % du nombre de dermatologues en activité régulière en dix ans. Cinq départements seraient désormais dépourvus de spécialiste.
Les généralistes aussi dans le viseur
Le projet de décret ne concerne toutefois pas uniquement les dermatologues. Il prévoit de limiter la part de médecine esthétique dans l'activité de l'ensemble des médecins, avec des dispositions transitoires pour certains praticiens exerçant déjà exclusivement dans ce domaine.
Tout en comprenant la volonté du gouvernement de « ramener les médecins vers les soins », les signataires du communiqué s'interrogent sur les raisons qui poussent certains généralistes à privilégier l'esthétique, alors que, selon l'Ordre des médecins, ils seraient environ 10 000 à pratiquer cette activité, parfois à temps plein.
C'est « peut-être parce qu'avec une consultation de base autour de 30 euros et des charges en hausse, un cabinet ne tourne plus », avancent les représentants des dermatologues. « Et pourquoi la demande d'actes esthétiques augmente-t-elle si fortement ? Le texte ne pose aucune de ces questions », pointent-ils encore.
Les organisations réclament le retrait du quota de 30 % et la reconnaissance de plein droit des dermatologues pour les actes esthétiques relevant de leur formation, « au même titre que les chirurgiens plasticiens ».
Elles appellent plutôt à renforcer la lutte contre l'exercice illégal, dont les signalements augmentent ces derniers temps, ainsi que la traçabilité des produits. Elles craignent qu'une limitation de l'offre légale ne favorise le recours à des pratiques moins sûres.
« Dire aux Français que les dermatologues font trop d'esthétique, c'est leur mentir. Réguler l'esthétique pour tous les médecins ne réglera pas le problème : cela en créera d'autres », conclut le communiqué.