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« La psychiatrie publique traverse une crise profonde qui s’aggrave d’année en année », écrivent l’Intersyndicale de la défense de la psychiatrie publique (IDEPP), le Syndicat des psychiatres d’exercice public (SPEP), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), dans un communiqué paru hier.
Les organisations avancent que 30 % des postes de praticiens hospitaliers (PH) ne sont actuellement pas pourvus, tandis que 15 % des postes proposés aux internes resteraient vacants. Elles évoquent également un déficit d’environ 10 000 lits d’hospitalisation, contraignant certains patients à attendre « plusieurs jours aux urgences » avant qu’une place ne se libère.
Hausse de l'activité
Les syndicats font également état d’une hausse de l’activité, avec plus de deux millions de patients suivis dans les centres médico-psychologiques (CMP), où « les listes d’attente s’allongent de manière préoccupante », et environ 480 000 patients hospitalisés chaque année.
Ils dénoncent en parallèle la vétusté de certains locaux et équipements, l’insuffisance des financements et l’accumulation de nouvelles missions confiées à la psychiatrie publique (prise en charge des personnes « radicalisées », dispositif prioritaire « coupe-file jeunes », ou plan gouvernemental « zéro contention »).
À l’inverse, ils critiquent une « survalorisation » des structures type centres experts, qu’ils jugent souvent éloignés des populations.
Plan pluriannuel demandé
« Nous avons à plusieurs reprises alerté les ministres successifs, rédigé des rapports, souvent à leur demande, qui sont restés sans suite aucune », affirment les organisations, ajoutant que certaines annonces publiques ont contribué à décourager les équipes, « déjà exsangues par une charge de travail immense » et qui « ne se sentent pas reconnus ».
Les syndicats demandent désormais au gouvernement la construction d’un plan pluriannuel de redressement de la psychiatrie publique, ainsi qu’une hausse des capacités d’hospitalisation et des places en structures extrahospitalières. Ils réclament également une revalorisation des rémunérations et la reconnaissance de la pénibilité de l’exercice en psychiatrie publique.
Ils souhaitent enfin renforcer l’accès aux soins de proximité, notamment dans les CMP, afin de limiter les ruptures de prise en charge.
Qualifiant l’état de la psychiatrie publique d’« Urgence Républicaine », les quatre organisations ont déposé un préavis de grève pour le jeudi 17 septembre.
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