Sages-femmes : accord entre gouvernement et syndicats avant un nouveau « weekend noir »

Le gouvernement a annoncé lundi la signature d'un protocole d'accord avec une majorité de syndicats hospitaliers sur les sages-femmes, à la veille d'un troisième « weekend noir » depuis la rentrée, organisé par d'autres représentants de la profession.

La négociation arrive enfin à son terme : après « un long travail de concertation », trois ministres (Santé, Fonction publique, Familles) ont salué dans un communiqué les « avancées importantes » de ce document paraphé par Force ouvrière, la CFDT et l'Unsa, ainsi que la Fédération hospitalière de France (FHF) côté employeurs.

Le protocole d'accord inclut notamment une « prime d'exercice médical » de 240 euros net par mois à partir de février, puis une augmentation salariale de 78 euros net en moyenne à partir de mars pour les sages-femmes des hôpitaux publics, qu'elles soient titulaires ou contractuelles.

En additionnant ces mesures aux 183 euros du « Ségur de la santé » versés depuis fin 2020, le gouvernement met en avant une « revalorisation nette de 500 euros par mois ». Un montant sensiblement relevé par rapport aux 360 euros mensuels promis mi-septembre par Olivier Véran.

Une rallonge à laquelle s'ajoutent d'autres concessions sur les avancements de carrière à l'hôpital (taux de promotions doublés jusqu'en 2024), les sages-femmes des collectivités territoriales (qui auront aussi droit aux 78 euros dès mars), celles du secteur privé (la Sécu financera des revalorisations à hauteur du public) et les libérales (un accord avec l'Assurance maladie est visé « avant la fin de l'année »).

Au bout du compte, l'exécutif fait valoir « un engagement de 100 millions d'euros en 2022 » et accepte en outre d'allonger les études des futures sages-femmes, de 5 à 6 ans à partir de la promotion 2022.

L'ardoise s'est donc alourdie en deux mois. Entre-temps, la profession s'est mobilisée à l'occasion d'une journée de manifestations début octobre - la sixième cette année - et de deux week-ends de grève, portés par la plupart des organisations.

Le protocole vient cependant couper en deux le cordon syndical juste avant un nouveau « week-end noir » prévu du 26 au 29 novembre, à l'appel de l'ONSSF (catégoriel) et avec l'appui de la CGT qui a déposé un préavis pour couvrir le mouvement.

Chez les signataires, « on ne dit pas que c'est suffisant, mais c'est un accord d'étape qui reste positif », souligne Gilles Gadier (FO), qui entend « continuer à travailler » sur le statut et les effectifs.

« On va signer parce qu'il y a quand même des avancées, même si on reste sur notre faim », dit également Jean-Claude Stutz (Unsa), estimant qu'« il ne faut pas que le gouvernement pense qu'il est débarrassé du problème ».

Avec AFP 

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