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Le gouvernement, qui a promis de réduire fortement le « trou » de la Sécu, prévoit que les dépenses de l'Assurance maladie atteignent 278,7 milliards d'euros en 2027, soit une hausse de 2 % par rapport à 2026, bien en deçà de leur augmentation naturelle (vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques...).
Cela serait permis par « des mesures d’économie et de transferts de charges aux complémentaires santé et directement aux assurés », observe dans son avis le comité d'alerte sur le respect de l’Ondam (objectif national de dépenses d'Assurance maladie), chargé de suivre ces dépenses pour le compte du Parlement, dans cet avis daté de mercredi.
En plus des 2,1 milliards d'euros d'économies décidées courant 2026, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoit 5,1 milliards d'économies supplémentaires.
Économies incertaines en ville
Mais le calcul présente des « fragilités », estiment les experts. Déjà, la prévision de dépenses de soins de ville « pourrait être dépassée » au vu « de la dynamique en volume de postes majeurs » (indemnités journalières, médicaments, actes des kinésithérapeutes, biologie médicale...).
Ils pointent les « incertitudes qui entourent la réalisation » de certaines économies anticipées : celles sur la « pertinence » des prescriptions et des baisses de prix des médicaments, par exemple, restent incertaines, tout comme celles relatives à des baisses de tarifs sur la radiologie et la biologie, « tributaires des dates » auxquelles elles prendront effet.
Hôpitaux en première ligne
Comme l'an dernier, le comité critique un « défaut majeur » de cette loi budgétaire : contrairement à l'enveloppe dédiée aux hôpitaux, dont une partie est mise en réserve en début d'année pour parer à tout dérapage, l'enveloppe des soins de ville « n’intègre pas de réserve ».
Très régulièrement, les dépassements de dépenses de soins de ville sont couverts « par des gels et annulations de dotations » réservées aux hôpitaux et Ehpad, ce qui pèse sur leurs déficits, particulièrement lourds, souligne-t-il.
En 2026, la maîtrise des dépenses de santé, « en baisse » de 1,1 milliard d'euros par rapport à l'objectif fixé, a notamment reposé, pour 600 millions d'euros, sur « le gel définitif » de dotations destinées aux hôpitaux et Ehpad, mises en réserve en début d'année.
Parmi les autres incertitudes : les économies qui seront permises par les négociations entre partenaires sociaux, censés trouver un milliard d'économies sur les dépenses d'arrêts maladie avant fin 2026.
Avec AFP