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Première organisation syndicale représentative des professionnels de centres de santé (médecins, personnels paramédicaux, administratifs...), l'USPCS affirme son « plein soutien au mouvement lycéen et étudiant » et condamne dans un communiqué « toutes les violences, à l'encontre de biens matériels mais plus grave encore, à l'encontre de personnes ».
Elle « questionne la décision du ministre de l'Intérieur de ré-autoriser le 17 octobre les grenades assourdissantes, interdites le 7 octobre suite aux graves mutilations provoquées chez un adolescent », qui a eu la main arrachée à Lens (Pas-de-Calais).
« Nous, professionnels de santé, demandons l'interdiction de l'usage d'armes sublétales (LBD, grenades assourdissantes et grenades de désencerclement) classées comme armes de guerre, responsables de mutilations graves et définitives », surtout « quand elles visent une large population de mineurs », écrit le syndicat.
« Nous exprimons nos inquiétudes quant aux conséquences sur la santé mentale des adolescents qui se trouvent exposés à ce climat de défiance médiatique et politique », face à leurs « revendications légitimes », poursuit-il, ajoutant que la sécurité des manifestants doit être « une priorité absolue pour l'Etat ».
Plusieurs adolescents mutilés
Ce communiqué fait écho à une lettre ouverte publiée samedi 17 octobre dans Libération, dans laquelle plus d'une centaine de soignants alertaient déjà sur les blessures graves subies par des mineurs lors des manifestations.
« Aucun jeune, aucun enfant qui manifeste, même s'il trouble l'ordre public, ne devrait risquer de perdre un œil ou une main », écrivaient-ils dans cette lettre ouverte aux représentants de l'Etat.
« Au moins quatre adolescents ont été mutilés lors d'interventions des forces de l'ordre », rappelaient les auteurs, alertant sur un « risque sanitaire majeur ».
Depuis, de nouvelles blessures graves ont été signalées lors des manifestations du 17 octobre. À Saint-Étienne (Loire), un adolescent de 17 ans a notamment perdu une main, dans des circonstances qui font l'objet d'une enquête.
« Une perte de la vue, une main arrachée, un traumatisme crânien sont des handicaps pour toute une vie : études, métier, relations sociales, image de soi », généralement associés à une « blessure psychique » : « stress post-traumatique, anxiété, troubles du sommeil », détaillait encore la lettre ouverte.
Les signataires de la lettres demandaient à l'Etat de « faire la lumière » sur « chaque blessure grave de mineur » et réclamaient « qu'un suivi chiffré des blessures graves » soit rendu public et « que l’Etat s'applique » ce qu'il « impose aux familles : protéger et éduquer sans violence ».
Avec AFP