C’est au contact des patients que Dr Chloé Ntshaykolo, aujourd’hui onco-pneumologue, a découvert sa vocation. Poussée par ses parents à choisir des études de médecine, plutôt que de droit, elle se passionne au fur et à mesure de ses stages pour la pneumologie. « Je voulais une spécialité où je pouvais faire des gestes et de la médecine. En plus, la pneumologie est assez large, il y a vraiment plein de choses très intéressantes ! », explique-t-elle.
« En tant que médecin, il ne faut pas s'en vouloir si on lâche une petite larme en consultation »
Chloé Ntshaykolo retrouve cette variété dans son exercice à l’Hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), au sein duquel elle alterne entre hôpital de jour de pneumonologie onco-thoracique, consultations, fibroscopie et consultations d’urgence.
Oncologue et psychologue
Au sein de l’hôpital de jour, elle reçoit avec douceur et bienveillance les patients atteints de cancer avant qu’ils ne reçoivent leur traitement. Grâce à un interrogatoire poussé et un examen clinique méticuleux, la médecin s’assure que ses patients supportent leur thérapie. « Le but ce n’est pas de mettre une immunothérapie ou une chimiothérapie à tout prix aux patients mais qu’ils puissent encaisser », insiste-t-elle.
« Je voulais une spécialité où je pouvais faire des gestes et de la médecine »
Il est primordial pour cette jeune médecin de « créer un lien » avec ses patients car il « joue beaucoup » pour eux, notamment lorsque les traitements échouent et qu’ils bénéficient uniquement de soins de confort. Ce lien est aussi essentiel pour accompagner ses patients atteints du cancer, cette maladie qui « bouleverse tout un monde ». « Parfois en consultations, on va parler un peu plus du côté psychologique et ce n’est pas du tout le moins important, c'est même primordial ! », souligne-t-elle.
« Il faut absolument mettre son cerveau sur off le week-end »
« En tant que médecin, il ne faut pas s'en vouloir si on lâche une petite larme en consultation », confie celle à qui cela est arrivé récemment. « C'est un patient qui est décédé et que j'appréciais énormément. Il me disait ‘’c'est pas grave docteur, vous avez fait tout ce que vous pouviez !’’», se souvient Chloé Ntshaykolo. « C’était foncièrement une très belle personne », ajoute-t-elle.
Ne pas se « bousiller » le cerveau
Pour se préserver, il faut « absolument mettre son cerveau sur off le week-end », conseille la pneumologue. « Sinon il se bousille », prévient celle qui a aussi toujours pu compter sur le soutien de ses co-internes au CHU de Brest, devenus aujourd’hui ses meilleurs amis. Parler de ses prises en charge, les dédramatiser et profiter de la vie en dehors de l’hôpital sont les ingrédients qui permettent d’aborder sereinement son exercice.
De toute façon, Chloé Ntshaykolo n’est pas persuadée qu’elle sera médecin « toute sa vie ». « Je trouve que la vie est quand même assez courte pour faire le même travail toute sa vie », glisse-t-elle dans un sourire.
A voir aussi