« Dans un déni total de son alcoolisme » : L’Ordre refuse l’inscription d’un médecin, le Conseil d'État valide

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L’Ordre des médecins de Seine-Saint-Denis a refusé l’inscription d’un praticien, jugeant sa consommation d’alcool incompatible avec l'exercice médical. Saisi en urgence par le médecin, le Conseil d’État a refusé de suspendre cette décision.

« Dans un déni total de son alcoolisme » : L’Ordre refuse l’inscription d’un médecin, le Conseil d'État valide

© Midjourney x What's up Doc

 

À l’occasion d’un changement de résidence professionnelle, le praticien avait demandé son inscription auprès du conseil départemental de l’Ordre. Lors d’un rendez-vous, des faits pouvant « évoquer une imprégnation alcoolique » avaient été constatés, conduisant l’instance à ordonner une expertise médicale, selon une ordonnance du Conseil d’État du 20 juillet 2026, repérée par Actu Seine-Saint-Denis.

« Un potentiel risque pour les patients »

Les trois psychiatres chargés de celle-ci avaient conclu à un « trouble de l’usage de l’alcool » paraissant ancien et non pris en charge, à l’origine de complications comportementales et médicales. Selon eux, l’état du praticien était « actuellement incompatible avec un exercice régulier et normal » de la médecine et nécessitait au préalable une prise en charge en addictologie.

Le 28 mai 2026, le conseil départemental de l’Ordre a donc refusé son inscription. Il relevait notamment que le médecin semblait être « dans un déni total de son alcoolisme » et qu’il existait « un potentiel risque pour les patients ».

Le praticien a contesté cette décision. Sans nier des consommations excessives d’alcool par le passé, il affirmait les avoir réduites après une embolie pulmonaire survenue en 2025 et assurait n’avoir « jamais rencontré de problème lié à l’alcool » en vingt ans d’exercice.

Expertise contestée

Il contestait également les conditions de l’expertise, réalisée par trois psychiatres mais sans addictologue, au cours d’un entretien de moins d’une heure. Il reprochait notamment aux experts de ne pas avoir attendu ses résultats biologiques ni étudié son dossier médical. Le médecin du travail l’avait par ailleurs déclaré apte à exercer, précise l’ordonnance.

En parallèle de son recours devant l’Ordre, le médecin a saisi en urgence le Conseil d’État pour obtenir la suspension du refus d’inscription. Il faisait notamment valoir les lourdes conséquences financières de cette décision, qui le privait de ses revenus alors qu’il devait subvenir aux besoins de ses trois enfants en garde alternée.

Le juge des référés ne l’a pas suivi. Les éléments présentés par le praticien ne suffisent pas, selon l’ordonnance, à remettre en cause la nécessité actuelle d’une prise en charge addictologique ni le risque auquel son refus de soins est susceptible d’exposer les patients. Il a donc rejeté sa demande de suspension.

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La décision n’est toutefois pas définitive : le recours engagé par le médecin contre son refus d’inscription devant les instances ordinales suit son cours.

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