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« On veut la thune qu'on nous a promise ! », ont entonné ces dizaines de soignants et de patients, appelant la ministre Stéphanie Rist à gonfler l'enveloppe contenue dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 et à retravailler l'article de loi qui doit inscrire l'expérimentation dans le droit commun.
Vingt-sept structures, essentiellement implantées dans des quartiers populaires, ont expérimenté avec succès ce dispositif lancé en 2021, baptisé Sec-Pa (Structures d’exercice coordonné participatif) et doté de 14 millions d'euros en 2025.
En complément du paiement à l'acte des consultations médicales, elles reçoivent une enveloppe pour financer le travail « hors soins » de l'équipe pluriprofessionnelle (médiateurs en santé, infirmiers, psychologues, interprètes, accueillants...) mais aussi des « ateliers » et « groupes de travail » avec les usagers, pour développer leurs connaissances en santé et les faire participer aux décisions.
Malades chroniques mal-logés, sans ressources, sans mutuelle... Ces structures « accompagnent, au-delà de "voir en consultation" » et « lèvent les barrières d'accès aux soins » comme la langue, l'isolement et la précarité.
Un financement qui ne garantit pas la pérennité du dispositif
Fin janvier, le gouvernement avait annoncé réduire drastiquement le budget dédié, déclenchant une forte mobilisation. Début février, il a rétropédalé, promettant de légiférer pour inscrire le dispositif « dans le droit commun ».
Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), un article prévoit bien une rémunération forfaitaire « complémentaire » pour les structures labellisées. Mais il précise que les montants et modalités seront « déterminés par arrêté » ministériel, ce qui pour les manifestants n'offre « pas de garanties ».
Il prévoit aussi la fixation de quotas régionaux et des labellisations laissées à la main des ARS, ce qui risque « d'empêcher certaines structures », qui aujourd'hui font déjà ce travail en « jonglant » péniblement avec divers « bouts de financements », de « nous rejoindre », a expliqué à l'AFP Dora Levy, co-pilote de l'expérimentation à la maison de Santé Pyrénées-Belleville.
Les manifestants appellent à une « vraie généralisation de ce dispositif, qui fonctionne ».
Le projet de budget prévoit actuellement une enveloppe de 10 millions d'euros, alors que « 40 millions sont nécessaires » pour « assurer l'installation pérenne des équipes » en place, et permettre l'entrée dans le dispositif « des structures qui ont déjà cette activité-là, ou sont prêtes à ouvrir leurs portes », a précisé Fabien Maguin, qui coordonne le réseau des centres de santé concernés.
Avec AFP