Risque cardiovasculaire : plus de 40% des prescriptions de contraception oestroprogestative sont contre-indiquées alerte l’association Agir pour le Cœur des Femmes

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L’association demande à renforcer la formation des professionnels de santé sur les contre-indications de la contraception oestroprogestative, notamment en matière de risques cardiovasculaires. 

Risque cardiovasculaire : plus de 40% des prescriptions de contraception oestroprogestative sont contre-indiquées alerte l’association Agir pour le Cœur des Femmes

Plus de 40 % des contraceptions oestroprogestatives prescrites sont contre-indiquées chez les femmes qui cumulent de nombreux facteurs de risques cardiovasculaires, révèle l’association Agir pour le Cœur des Femmes, ce lundi 28 septembre, à l’occasion de la journée mondiale du Cœur. 

« Les prescriptions inadaptées sont un enjeu de santé publique majeur nécessitant de renforcer la formation des professionnels de santé sur les contre-indications de la contraception oestroprogestative », affirme Pr Geneviève Plu-Bureau, gynécologue, épidémiologiste et présidente du conseil scientifique d’Agir pour le Cœur des Femmes. 

15 000 dossiers médicaux passés au crible 

Ce chiffre est issu de données produites par l’Observatoire national de la santé des femmes (ONSF). Créé en 2021 par l’association, en partenariat avec les équipes médicales et biostatistiques du CHU de Lille, l’ONSF analyse 15 000 dossiers médicaux de patientes et publie régulièrement des études scientifiques. Ces dossiers médicaux sont exploités dans le cadre du Bus du Cœur des femmes, des opérations XXL de dépistage et de prévention cardiovasculaire, à travers toute la France. Ces actions comprennent, entre autres, une consultation avec un cardiologue, un gynécologue, la réalisation d’un ECG et le dépistage du cholestérol ou de l’hypertension. 

« Il n’est pas acceptable aujourd’hui de mourir d’une embolie pulmonaire massive, d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral parce que la contraception est inadaptée » 

Dans le détail, les dossiers de 1062 femmes sous contraception, âgées de 15 à 55 ans, ont été étudiés. Dans 40,7% des cas, il était inadapté de leur prescrire une contraception oestroprogestative (comprimé ou pilule, anneau vaginal, patch cutané), à cause de facteurs de risques cardiovasculaires, tels que l’hypertension ou encore la combinaison âge (+35 ans) et tabac ou obésité. Pire encore, la prescription était inadaptée pour 59,8% d’entre elles, en prenant en compte leurs facteurs de risques et les antécédents cardiovasculaires familiaux au premier degré. 

Cumuler les facteurs de risques cardiovasculaires et gynéco-obstétricaux

« Il n’est pas acceptable aujourd’hui de mourir d’une embolie pulmonaire massive, d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral parce que la contraception est inadaptée », martèle l’association Agir pour le Cœur des Femmes qui rappelle que « 200 femmes meurent chaque jour en France d’une maladie cardiovasculaire ». 

Plus généralement, les données de l’ONSF indiquent que 9 femmes sur 10 présentent au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire, tels que le tabagisme, le stress, le manque de sommeil ou encore le manque d’exercice physique. La moitié des femmes cumulent en plus des facteurs gynéco-obstétricaux et 6 femmes sur 10 sont en surpoids ou obèses. 

« Chaque année en France, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à mourir d’une maladie cardiovasculaire » 

L’analyse des dossiers médicaux met également au jour que près de deux tiers des femmes présentent des symptômes d’alerte cardiovasculaire, qu’une femme sur 8 présente une anomalie à l’ECG et que 4 femmes sur 10 ont une anomalie au Doppler des troncs supra-aortiques, et/ou de l’aorte abdominale et des artères des membres inférieurs. 

Une prise en charge qui fait défaut 

Dans le même temps, Agir pour le Cœur de Femmes dénonce une « prise en charge qui n’est pas à la hauteur des risques encourus » avec 8 patientes sur 10 qui n’ont pas de suivi cardiovasculaire alors qu’elles sont 36% à avoir déjà fait un accident cardiovasculaire. 

« Cette nouvelle édition de l’ONSF vient illustrer une triste réalité : chaque année en France, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à mourir d’une maladie cardiovasculaire », déplore Pr Claire Mounier-Véhier, cofondatrice d’Agir pour le Cœur des Femmes. 

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/dr-audrey-blewer-une-femme-moins-de-chance-quun-homme-de-revoir-un-massage-cardiaque 

Des « facteurs de risque présents et pourtant ignorés », des « déficits de prise en charge » et une « sensibilisation qui doit encore faire du chemin, tant auprès des femmes que des professionnels de santé », expliquent cette inégalité selon la cardiologue et médecin vasculaire au CHU de Lille. 

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