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Pour la troisième fois, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s'est penchée sur l'usage en France de cette gamme de médicaments, les analogues du GLP-1, qui imitent l'action d'une hormone produite naturellement par l'intestin pour réguler la glycémie et la satiété.
Utilisés initialement pour traiter le diabète de type 2, ces traitements innovants connaissent ces dernières années une popularité croissante pour la prise en charge de certains cas d'obésité.
« Lorsqu'ils sont utilisés conformément aux recommandations », le rapport bénéfices/risques reste « favorable », a conclu mercredi l'ANSM après avoir étudié les effets indésirables déclarés du début février 2025 à fin janvier 2026, où plus de 840 000 personnes ont reçu de tels traitements.
L'agence du médicament, qui s'est penchée principalement sur les antidiabétiques Trulicity, Victoza, Ozempic et pour la prise en charge de l'obésité sur Wegovy, Mounjaro et Saxenda, a recensé 2 801 effets indésirables, dont 515 graves, parmi lesquels 13 décès.
« Ce nouveau rapport de pharmacovigilance est dans l'ensemble assez rassurant », a déclaré à l'AFP Alexandre de la Volpilière, directeur général adjoint chargé des opérations à l'ANSM.
Complications pancréatiques potentiellement graves
L'agence y pointe cependant « la gravité potentielle des effets indésirables associés aux AR-GLP-1, en particulier des complications pancréatiques, mais également le rôle possible d'interactions ou de mécanismes indirects favorisant des décompensations sévères ».
Elle juge ainsi « possible » que deux cas fatals de pancréatite aiguë, une inflammation du pancréas, soient imputables à l'usage de ces traitements.
Il existe également, prévient l'ANSM, un risque d'interactions parfois graves avec certains médicaments, comme certains anticoagulants.
Chez des diabétiques traités par metformine, les AR-GLP-1 pourraient majorer le risque d'acidose lactique, notamment en cas de déshydratation liée à des vomissements. « Deux décès » recensés « pourraient être liés à ce mécanisme », selon elle.
Les effets indésirables les plus fréquents restent les troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales…), pouvant parfois entraîner une hospitalisation, et le risque grave de pancréatite. Carences nutritionnelles et malnutrition y figurent aussi.
Mais d'autres effets sont apparus, pointe l'agence française : atteintes ophtalmologiques (aggravations de rétinopathie diabétique, atteintes du nerf optique), infections ou inflammations de la vésicule biliaire, atteintes du foie (cytolyses hépatiques, etc.), atteintes cérébrovasculaires (AVC...), troubles de l'érection.
Possible baisse d'efficacité des contraceptifs
Et après des déclarations au niveau européen, dont une en France, de cas de grossesses non désirées chez des femmes sous contraception prenant ces traitements, « le risque d'une diminution de l'efficacité des contraceptifs lors de la prise d'un aGLP-1 fait l'objet d’une évaluation par l'Agence européenne des médicaments », indique l'ANSM.
La prise de ces antidiabétiques et anti-obésité n'est pas recommandée pendant la grossesse, rappelle-t-elle, et un traitement en cours doit être arrêté dès qu'une grossesse est connue.
En France, tous les médecins peuvent en prescrire depuis juin 2025, et un remboursement à 65 % par l'Assurance maladie est possible depuis juin 2026, sous de strictes conditions, pour certains patients atteints d'obésité.
Mésusage persistant notamment chez les jeunes femmes
Parallèlement, il y a « un phénomène persistant de mésusage à visée amaigrissante » surtout chez des jeunes femmes, avec 36 cas recensés, dont 17 graves, parmi lesquels cinq pancréatites aiguës.
Généralement, le médicament avait alors été obtenu hors circuits médicaux (par internet, l'entourage, à l'étranger), et les doses étaient trop élevées ou augmentées trop rapidement.
« Les aGLP-1 sont des médicaments. Ils doivent toujours être obtenus avec une ordonnance, en pharmacie, jamais sur internet et nécessitent un suivi médical. Les utiliser sans prescription ou se les procurer en dehors d'une pharmacie expose à des risques graves pour la santé », avertit l'ANSM.
Les médicaments de cette classe thérapeutique sont actuellement parmi les plus vendus par l'industrie pharmaceutique, où la concurrence internationale est vive entre les groupes, notamment Novo Nordisk et Eli Lilly.
Initialement disponibles en injections, ils sont désormais déclinés sous forme de comprimés. La forme orale du Wegovy, approuvée cette année par les autorités sanitaires américaines et européennes, sera « disponible en pharmacie la semaine du 2 novembre » en France, a précisé le groupe à l'AFP.
Avec AFP
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