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« Qui peut imaginer qu'en France, en 2026, des personnes meurent suite à des complications d'une pose d'implants en polypropylène, visant à traiter une incontinence, un prolapsus ou une hernie ? », a lancé Karine Prou, co-présidente de l'association Diva qui accompagne les victimes d'implants vaginaux en polypropylène.
« Il y a des douleurs qui conduisent à l'euthanasie ou au suicide », a-t-elle alerté au cours d'une table ronde sur les dispositifs médicaux gynécologiques, organisée par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, en montrant, la voix étranglée, les portraits d'« Elise » et « Karine », deux femmes victimes de ces implants et « qui ont mis fin à leurs jours ».
« On pense à Arnaud Denis, 43 ans, qui nous a quittés hier » et qui « ces derniers jours (...) a reçu la même sentence que les 140 plaignantes des implants vaginaux. Un classement sans suite, incompréhensible », a-t-elle lancé.
En état d'invalidité sévère après la pose d'un implant anti-hernie en polypropylène, le comédien Arnaud Denis, qui avait créé un collectif alertant sur leurs dangers, s'est fait euthanasier mardi en Belgique à l'âge de 43 ans, pour mettre fin à ses souffrances.
Le polypropylène est aussi utilisé dans la fabrication d'implants destinés à traiter l'incontinence ou le prolapsus.
Les complications - dues notamment à une réaction de l'organisme ou à une mauvaise pose - varient entre infections urinaires, lésions, ou douleurs chroniques qui empêchent de marcher, s'asseoir, avoir des relations sexuelles. Ces dispositifs s'incorporent progressivement aux tissus et leur retrait, difficile, peut être mutilant.
Des milliers de patientes concernées
« Ce scandale sanitaire touche directement l'intimité et la santé des femmes. Des milliers de patientes sont condamnées à l'isolement, à la honte, c'est insupportable », s'est emportée Karine Prou.
« En France, il y a un défaut de prise en considération du problème, ce qui est surprenant quand on sait qu'à l'étranger, les condamnations sont prononcées et les laboratoires ont été reconnus coupables. Et nous, en France, on nous dit "circulez, il n'y a rien à voir" », a-t-elle déploré.
« Douleurs pelviennes, neuropathie, troubles sexuels, urinaires ou digestifs, difficultés à marcher, à rester assise ou à travailler. Ces complications peuvent être profondément invalidantes. Certaines femmes souffrent immédiatement ou peu de temps après la pose, d'autres, plusieurs années plus tard », a souligné de son côté la présidente de l'association Balance ta bandelette, Anne-Laure Castelli.
« Nous demandons la reconnaissance et l'étude du syndrome douloureux chronique des implants pelviens », a-t-elle ajouté. Selon elle, « plus de 100 femmes françaises se sont déjà rendues à leurs frais aux Etats-Unis pour une explantation », procédure plus complexe en France.
Avec AFP
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