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Avec 254 millions de personnes porteuses du virus, l'hépatite B fait partie des maladies chroniques les plus fréquentes dans le monde, et, si elle n'est pas diagnostiquée donc pas traitée, peut donner une cirrhose ou un cancer du foie. Elle peut être associée à l'hépatite D, elle aussi virale, qui ne touche que les personnes déjà atteintes d'hépatite B.
En France, quelque 140 000 personnes seraient porteuses du virus de l'hépatite B, dont près de la moitié sans le savoir car la maladie peut rester asymptomatique des années, rappelle Santé publique France (SpF) dans son dernier bulletin épidémiologique publié mardi, qui réunit trois études.
Seulement 68% des HSH vaccinés
Si la couverture vaccinale est de 95 % chez les enfants de 2 ans grâce à l'obligation vaccinale des nourrissons débutée en 2018, elle demeure « insuffisante chez les adolescents » et les adultes à risque élevé : usagers de drogues, personnes ayant de multiples partenaires sexuels, infectées par le VIH ou une infection sexuellement transmissible (IST) récente ou en cours, hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes. Pour ces adultes à risque, l'objectif est une couverture vaccinale de 80 % d'ici 2030.
Ainsi seuls 68 % des hommes ayant eu des rapports sexuels avec d'autres hommes déclaraient avoir reçu au moins une dose de vaccin (Enquête rapport au sexe Eras 2023). Et 78 % de ceux initiant un traitement préventif contre le VIH, la PrEP, avaient une couverture vaccinale complète (étude ANRS-Ipergay).
SpF juge indispensable de promouvoir la vaccination contre le virus de l'hépatite B, en particulier au sein des populations à haut risque pour « éviter de nouvelles contaminations, lors du changement entre la PrEP orale (qui contient du ténofovir, traitement antiviral du virus de l'hépatite B) et la PrEP injectable (cabotégravir) » notamment.
Si le dépistage peut être promu dans diverses structures (centres gratuits de dépistage ou laboratoires de ville, sans ordonnance), le défi est d'améliorer la couverture vaccinale, « très faible » malgré des « taux de prévalence élevés », des populations « précaires et migrantes », hors des parcours de soins, dit l'étude.
L'agence sanitaire préconise de mieux articuler dépistage et vaccination, et d'adapter la prévention aux spécificités des populations à risque élevé. Elle note que le dispositif Mon test IST 16, qui permet depuis septembre 2024 de dépister l'hépatite B sans ordonnance en laboratoire de ville, devrait aider à réduire les inégalités territoriales d'accès au dépistage.
Avec AFP
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