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Jamais la facture n’avait été aussi élevée. En 2025, les juridictions civiles ont alloué 70,5 millions d’euros d’indemnisations dans les dossiers de responsabilité médicale enregistrés par la MACSF, contre environ 62 millions en 2024 et 2023.
Dans le même temps, le nombre de décisions civiles n’a progressé que de 3 %, passant de 294 à 303. Au total, 539 professionnels de santé et établissements étaient poursuivis.
Dans 74 % des décisions civiles rendues en 2025, au moins un professionnel de santé mis en cause a été condamné.
Treize indemnisations dépassent le million d’euros
Ce sont surtout les montants accordés dans les dossiers les plus graves qui font décoller la facture. En 2025, 13 décisions ont donné lieu à plus d’un million d’euros d’indemnisation, contre 10 l’année précédente. La proportion de décisions dépassant 100 000 euros reste en revanche stable, à 28 %.
Les trois dossiers les plus coûteux représentent à eux seuls près de 20 millions d’euros.
Le premier, à 8,97 millions d’euros, concerne le retard dans la réalisation d’une césarienne ayant entraîné une ischémie cérébrale et de très lourdes séquelles chez l’enfant. La responsabilité de deux gynécologues-obstétriciens avait pourtant été tranchée dès 2005 : la décision rendue en 2025 porte sur la liquidation définitive des préjudices.
Un deuxième dossier, également obstétrical, atteint 6,1 millions d’euros. Une sage-femme avait interrompu pendant plusieurs heures la surveillance du rythme cardiaque fœtal, avec là encore de lourdes séquelles neurologiques chez l’enfant. Le troisième, à 4,8 millions d’euros, concerne la prise en charge d’une crise d’éclampsie lors d’un accouchement. La responsabilité avait été définitivement établie en 2014.
Autrement dit, le record de 2025 ne traduit pas une multiplication soudaine d’accidents médicaux particulièrement graves au cours de l’année : certaines des indemnisations les plus importantes correspondent à l’aboutissement de contentieux anciens.
Les médecins supportent 70 % de la facture
Sur les 70,5 millions d’euros, 49,3 millions sont à la charge des médecins.
Trois groupes concentrent 71 % de ce montant : la chirurgie, avec 20,2 millions d’euros, la gynécologie-obstétrique, avec 9,5 millions, et la médecine générale, avec 5,2 millions.
Chez les seuls chirurgiens, quatre spécialités représentent 93 % des indemnisations : la chirurgie viscérale et digestive, à 7,1 millions d’euros, la chirurgie générale, à 4,5 millions, la neurochirurgie, à 4,4 millions, et la chirurgie orthopédique et traumatologique, à 2,8 millions.
Quelles spécialités sont les plus concernées ?
La MACSF identifie cinq catégories parmi les spécialités médicales les plus condamnées en 2025 :
Spécialité | Médecins poursuivis au civil en 2025 |
|---|---|
| Chirurgie | 122 |
| Médecine générale | 64 |
| Anesthésie-réanimation | 36 |
| Radiodiagnostic et imagerie médicale | 25 |
| Gynécologie-obstétrique | 16 |
Ces nombres ne correspondent donc pas au nombre de condamnations. À titre d’exemple, 19 ophtalmologistes ont été poursuivis en 2025, davantage que les gynécologues-obstétriciens, alors que la gynécologie-obstétrique figure parmi les cinq spécialités que la MACSF classe comme les plus condamnées.
Des préjudices indemnisés de manière de plus en plus fine
Au-delà de quelques dossiers exceptionnels, la MACSF avance une deuxième explication à la hausse des montants : l’évolution de l’indemnisation elle-même.
L’assureur constate une personnalisation croissante de l’évaluation des préjudices, avec une prise en compte plus exhaustive du parcours propre à chaque victime. Les conséquences sur la vie sociale et familiale seraient davantage intégrées et les besoins futurs anticipés de manière plus large.
La MACSF souligne également l’enrichissement progressif des postes de préjudice reconnus : préjudice d’angoisse de mort imminente, préjudice d’attente et d’inquiétude, préjudice situationnel ou encore certains préjudices professionnels.
Le principe reste celui de la réparation intégrale : replacer financièrement la victime, autant que possible, dans la situation qui aurait été la sienne en l’absence du dommage. Pour les accidents entraînant un handicap très lourd, notamment chez des enfants, cette logique peut conduire à des indemnisations portant sur plusieurs décennies de soins, d’assistance et de perte d’autonomie.
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