L’AP-HP porte plainte pour des deepfakes de l’un de ses PU-PH vantant un produit antiparasitaire

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L’AP-HP et Sorbonne Université alertent sur les dangers des deepfakes après la diffusion sur Facebook de fausses vidéos usurpant l’image et la voix du Pr Renaud Piarroux pour faire la promotion d’un produit antiparasitaire. L’établissement a porté plainte et saisi Meta pour obtenir leur retrait.

L’AP-HP porte plainte pour des deepfakes de l’un de ses PU-PH vantant un produit antiparasitaire

© Midjourney x What's up Doc

 

Dans un communiqué publié le 5 octobre, les deux institutions indiquent avoir identifié trois vidéos diffusées sur Facebook mettant en scène le Pr Renaud Piarroux, parasitologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et professeur à Sorbonne Université. Le médecin y apparaît faisant la promotion d’un produit présenté comme capable de débarrasser l’organisme de ses parasites. 

Il s’agit d’une deepfake, soit un montage réalisé à l’aide de l’intelligence artificielle à partir de l’image et de la voix du médecin à son insu.

L’AP-HP dit avoir a déposé plainte et saisi Meta, maison mère de Facebook. Les trois vidéos ont été supprimées, mais l’institution assure que de nouveaux contenus similaires ont ensuite été mis en ligne. 

Elle indique par ailleurs avoir repéré d'autres vidéos ou photographies utilisant des professionnels en blouse ou les logos de ses hôpitaux pour promouvoir des produits ou services. « En tant que service public hospitalier, l’AP-HP ne fait pas la promotion commerciale de services ou de produits sur les réseaux sociaux », rappelle-t-elle.

Médecins régulièrement utilisés comme caution

Le cas du Pr Piarroux s’inscrit dans un phénomène déjà documenté depuis plusieurs années. En 2024 avaient été identifiées sur les réseaux sociaux des fausses vidéos utilisant les images de Michel Cymes et Didier Raoult pour promouvoir de prétendus remèdes contre le diabète. Certaines étaient diffusées sous forme de publicités sponsorisées. 

Plus récemment, le nutritionniste Serge Hercberg, à l'origine du Nutri-Score, a découvert début 2026 des vidéos entièrement générées par IA dans lesquelles son double donnait de faux conseils nutritionnels. 

Le ministère de la Santé a lancé en janvier 2026 une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, estimant précisément que ce genre de fausses informations diffusées sur internet peuvent détourner les patients des soins et fragiliser la prévention.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/sur-les-reseaux-medecins-et-soignants-main-dans-la-main-contre-la-desinformation

Depuis 2024, la loi sanctionne la diffusion, sans consentement, d'un contenu visuel ou sonore généré par un traitement algorithmique représentant une personne lorsqu'il n'est pas clairement présenté comme artificiel. La peine peut atteindre deux ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour une diffusion en ligne.

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