« J’ai publié une BD pour dénoncer les ravages de la génétique récréative et prédictive »

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Chaque année, 200 000 Français se soumettent à des tests génétiques, grâce à des plateformes étrangères, pour connaitre leurs origines, ou aussi déterminer certains risques génétiques comme certains cancers. C’est interdit en France, et c’est donc un problème de santé publique. Philippe Amouyel, médecin et professeur de santé publique au CHU de Lille, spécialiste du vieillissement, a souhaité mettre en avant ce problème en bande dessinée : La génétique au cœur.   

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Disapo slid

La génétique dite récréative s'est beaucoup développé ces dernières années mais demeure illégale en France. 

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Tout est bon pour attirer le client.

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Mais les résultats peuvent être lourd ...

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... de conséquences

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Le médecin permet d'avoir une possibilité de tempérer ces résultats. 

What's up doc : Quel est le sujet de La génétique au cœur ?

Philippe Amouyel : J’avais déjà écrit un premier livre sur la prévention de la maladie d’Alzheimer. Je viens d’une spécialité de santé publique ultra pointue pour laquelle j’ai eu une reconnaissance internationale : les facteurs de susceptibilités aux maladies, en particulier à celle d’Alzheimer. J’ai vu la génétique se développer, dans les laboratoires médicaux mais aussi les ravages de la génétique dites récréative. Au début on proposait de connaître ses origines, puis nous avons vu apparaître des propositions commerciales pour approfondir son état de santé, la prédiction de maladies grâce à la génétique. Donc on ouvre la boîte de Pandore : on vous dit potentiellement dans votre vie vous avez un risque de faire un cancer du sein. Cela met les gens qui font ces tests dans des situations très difficiles sur le plan personnel et familial. L’idée était de dire : sachez les risques que vous courez où les problèmes qu’il peut y avoir sans accompagnement si vous allez dans cette direction.

Dans un cadre médical quand on fait des tests, un consentement éclairé doit être signé. Les résultats restent dans le domaine de la recherche extrêmement fondamentale. De plus les patients peuvent refuser que leurs données soient conservées.

Pourquoi avoir choisi le format BD ?

P A. : Soit j’écrivais sous forme très scientifique avec des explications pointues sur l’ADN, ce qui pouvait peut-être un peu barbant, soit je l’agrémentais d’histoires. C’est en discutant avec une amie éditrice que l’idée de la BD est venue. C’est devenu un monde absolument gigantesque d’informations sur tous les sujets.  J’ai donc lu beaucoup de BD, mes références se limitant jusqu’ici à Tintin, Astérix... Je voulais toucher des publics jeunes. Ce sont souvent des 20-40 ans qui effectuent ce genre de test. Les scénarios leurs permettent de s’identifier et d’appréhender les problèmes de la génétique récréative. Nous avons aussi parlé des apports positifs comme la génomique médicale. En particulier l’annonce, chose très importante, qui ne doit pas être faite au hasard.

C’est plus compliqué d’écrire un BD ou un ouvrage classique ?

P A. : Plus compliqué non, mais différent. Il faut présenter cela comme un film. J’ai fait les textes, ensuite il faut mettre en forme les textes et essayer de les rendre vivants, c’est tout le travail avec Héloïse Chochois, la dessinatrice. La première partie du travail consiste à réaliser le story-board. Ensuite il a fallu transformer mes textes littéraires en scénario et en langage parlé. Ce n’est pas tout à fait le même langage, il faut condenser le texte pour qu’ils soient complémentaires au dessin. C’est passionnant. C’est une autre façon d’écrire, l’idée est de mettre les gens en situation ou de les accrocher avec une histoire. J’ai aussi tenu à mettre des informations, le minimum scientifique nécessaire pour comprendre les situations. Un minimum que je n’ai pas retrouvé dans d’autres BD sur le sujet. Je voulais être le plus didactique possible. Cela permet d’avoir une meilleure compréhension de l’ADN.

Cet ouvrage peut-il s’adresser aux médecins ?

P A. : Oui tout à fait. Les enseignements dispensés en génétique la plupart du temps sont essentiellement des éléments de base très orienté sur la biochimie. Dans ce livre nous sommes sur de l’application. De mon expérience de médecin enseignant, il y a quand même un effet chasse d’eau. Les étudiants bossent comme des fous pour apprendre la biochimie, la génétique... L’année suivante, ils ont tellement d’autres choses à apprendre qu’ils les oublient. C’est bien pour leur rafraichir la mémoire et bien comprendre ce qui se passe en matière de génétique. Dans mon livre, il y a toute la partie enquête, la partie génomique récréative et ensuite les applications concrètes utiles pour la médecine, notamment dans la détection de cancers. Tous ces éléments ne sont pas directement enseignés, cela leur donne une vision d’ensemble ancré dans le terrain.

La Génétique au coeur écrit par Philippe Amouyel, dessins de Héloïse Chochois, édition DARGAUD

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