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La fillette est décédé à son domicile le 7 juin 2021 à Angers (Maine-et-Loire), comme le rapporte Le Courrier de l'Ouest. Malade depuis plusieurs jours, elle avait d’abord consulté un médecin, puis avait été conduite aux urgences de la Clinique de l’Anjou le 4 juin. Elle était ensuite rentrée chez elle après des examens et une discussion avec l’équipe médicale.
Face à l’aggravation de son état, son père avait appelé le Samu à deux reprises le 6 juin. Lors du premier appel, à 16h38, un médecin régulateur lui avait conseillé de donner du paracétamol à sa fille et de rappeler dans la demi-heure pour réévaluer son état.
Le père avait rappelé à 17h23. Un autre médecin régulateur lui avait alors conseillé d’attendre 24 à 48 heures avant de consulter à nouveau. C’est ce second praticien, généraliste assurant ponctuellement des gardes au Samu 49, qui comparaîtra vendredi 2 octobre.
Critères de gravité pas pris en compte
D’après les éléments de l’instruction rapportés par Le Courrier de l’Ouest, les experts ont estimé que l’interrogatoire mené lors de ce deuxième appel et la décision prise à distance n’étaient pas conformes aux recommandations et aux bonnes pratiques professionnelles. Les conseils délivrés ont été jugés « insuffisants et inadaptés ».
Si l’évolution mortelle n’était selon eux pas prévisible, des critères de gravité étaient néanmoins « présents et décrits ou identifiables » et auraient dû conduire à une prise en charge médicale rapide. Une expertise a finalement établi que l’enfant était morte d’une myocardite fulminante.
Le médecin poursuivi conteste avoir disposé d’éléments suffisants pour déclencher l’envoi d’une ambulance. Il affirme notamment qu’il ignorait les consignes données lors du premier appel et que les parents de la fillette ne disposaient pas de voiture. Quant à son avocate, qui plaidera la relaxe, elle souligne notamment la difficulté à identifier à distance une pathologie aussi rare.
La transmission en question
L’enquête a également interrogé la transmission des informations entre les deux régulateurs, selon le journal. Une assistante avait tenté de transférer le deuxième appel au médecin ayant pris le premier, mais celui-ci n’était pas disponible. Le praticien poursuivi assure ne pas avoir eu connaissance de la consigne donnée précédemment.
Entendu comme témoin, le président de l’Association départementale d’organisation de la permanence des soins du Maine-et-Loire (Adops 49) a estimé que, si cette première consigne avait été connue du second médecin, une ambulance aurait été envoyée.
Le premier médecin régulateur n’est pas poursuivi. Les experts n’ont pas relevé de manquement de sa part, même s’ils ont estimé que son interrogatoire n’avait pas été suffisamment approfondi, détaille Le Courrier de l'Ouest.
Pour Me Jean De Bary, avocat des parents, « son père n’a pas cessé d’appeler à l’aide ». Le médecin poursuivi encourt jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.
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