«Un patient en télé-radiologie ne s’en rend même pas compte, sauf qu’il a eu son rendez-vous en 48 h, même dans un désert médical»

Ne plus subir la désertification médicale, la pénurie de médecins, la Polyclinique Ste Barbe Filieris à Carmaux dans le Tarn s’est lancée dans l’aventure de la télé-radiologie. En partenariat avec l’entreprise MEDIN +, elle a ouvert une consultation en radiologie, sans radiologue ou presque...

« Tous les examens peuvent être fait excepté les échographies qui nécessite d’être présent » explique Julien Combettes cadre infirmier chargé de l’ensemble du service de radiologie de l’établissement. Le patient a juste à prendre rendez-vous comme d’habitude par téléphone ou au centre.  « Le patient obtient un rendez-vous les jours suivants au lieu de devoir attendre au minimum une bonne dizaine de jours. Cela permet à la clinique de pourvoir une offre en radiologie qu’il y ait des radiologues sur site ou pas ». Car les quelques radiologues de la clinique Sainte Barbe ne sont présents qu’à temps partiel.

Pour la mise en place de la télé-radiologie, la veille de la consultation la clinique envoie au radiologue qui opérera à distance, les ordonnances et les dossiers des patients. Ainsi le radiologue communique en amont la procédure des examens. « Tout le monde a pris connaissance des antériorités du patient avant son examen. Ce qui n’existait pas avant quand on était à l’hôpital » relate Philippe Calvo un des télé-radiologues de MEDIN+.

Suite aux prises de vue, les clichés sont directement envoyés au radiologue grâce à une « messagerie VPN sécurisée » connecté non-stop à la clinique durant la vacation du radiologue. Le radiologue rédige son compte rendu dans la demi-heure et l’envoie à la clinique. Le patient repart avec son diagnostic. Le seul moment où les patients réalisent que leur consultation n’est pas habituelle, c’est au moment de signer les documents d’autorisation d’examen en télé-radiologie. « S’il n’y avait pas ce document, ils ne se rendraient pas compte que c’est un acte de télé-radiologie », explique Julien Combettes.

Les urgences sont traitées dans l’heure

Après toute une carrière en radiologie « classique », Philippe Calvo, était d’abord « réticent face à cette nouvelle manière d’exercer », avant de réaliser les avantages qu’elle offrait.

« Cela permet au patient d’obtenir des examens et une réponse rapide dans un endroit où il n’aurait pas pu avoir de rendez-vous avant plusieurs mois », explique-t-il. Pourvu de 300 radiologues, MEDIN + prend en charge 70 000 patients par mois. Soit une vingtaine de patients par vacation d’une demi-journée d’un télé-radiologue. « Avec parfois la possibilité de travailler avec deux hôpitaux simultanément » et donc deux zones sous-dotées.

Les urgences sont traitées dans l’heure. Cela arrive de temps en temps par exemple lors « d’embolie pulmonaire, ou d’urgences traumatiques de toutes sortes suite à un accident de la route par exemple ».

Les radiologues sont répartis dans toute la France et travaillent avec des cliniques qui se trouvent, en général, proches de leur lieu d’exercice. Pour plus de proximité, chaque radiologue connait ses équipes partenaires grâce à des visites régulières « de qualité ». « Nous échangeons localement sur le site, sur nos pratiques, avec l’équipe et le cadre de santé, c’est très important pour motiver les équipes. »

Un autre intérêt est apparu à la pratique, un vrai gain de temps pour radiologue : « On travaille au calme sans être dérangé par les choses qui nous perturbent d’habitude quand nous exerçons sur place ».

Et c’est parfait pour les âmes solitaires, les rétifs de la vie entre collègues, « on s’entend bien mieux que si on travaillait tous les jours ensemble, moins se voir, cela n’use pas les gens. »

Portrait de Albane Cousin

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