La COVID-19 passe le flambeau à la variole du singe

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Santé Publique France a publié hier soir son point épidémiologique hebdomadaire sur l’épidémie de coronavirus. La circulation du virus de la COVID-19 diminue quand la variole du singe gagne du terrain et la polio pointe le bout de son nez.

La COVID-19 passe le flambeau à la variole du singe

Bonne nouvelle, la septième vague s’atténue avec une diminution du taux d’incidence dans la majorité des classes d’âge et une stabilisation chez les 80 ans et plus.

Toutefois les indicateurs hospitaliers sont à un niveau élevé et le nombre de décès est toujours en hausse.

Côté Outre-mer, la situation est un peu plus inquiétante. En Guadeloupe les indicateurs virologiques sont à un niveau élevé, en Réunion le taux d’incidence est toujours en hausse. Et à Mayotte on note carrément, une reprise épidémique.

Un traitement pour « les patients particulièrement vulnérables »

Face au nouveau variant un laboratoire américain a produit un traitement, le bebtelovimab, pour les malades du Covid-19, réservé aux Etats-Unis pour le moment.

Le Conseil scientifique, créé en mars 2020 pour lutter contre le Covid, vient de demander au gouvernement français, dans son ultime avis publié avant-hier «de mettre tout en œuvre pour que le bebtelovimab, le seul anticorps monoclonal actif sur BA.5 actuellement, soit le plus rapidement disponible en France».

Le bebtelovimab est un anticorps monoclonal expérimental. Pas encore officiellement mis sur le marché. Au mois de mars, les autorités sanitaires américaines lui ont toutefois accordé une autorisation dite d'urgence, après des résultats positifs d'une étude clinique chez des patients ayant des symptômes légers à modérés du Covid.

« Le bebtelovimab cible particulièrement bien la protéine « spike » mutée des sous-variants BA.4 et BA.5 d’Omicron» dit à l'AFP le professeur Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé mondiale de l'université de Genève.

« Il est indiqué chez les patients particulièrement vulnérables et à très haut risque de complications sévères du Covid-19, notamment les patients immunodéprimés en raison de leur maladie ou de leurs traitements immunosuppresseurs », ajoute Antoine Flahault.

Une position qui ne passe pas, alors que la septième vague de la pandémie de Covid continue de faire des victimes. « Ce médicament peut sauver des vies, ce n’est pas un médicament de confort. Il faudrait envisager d’en faire un bien public mondial afin de le mettre à la disposition des malades très vulnérables qui pourraient en bénéficier dans le monde entier », plaide ainsi le professeur Flahault.

Variole du singe, 95% des cas de contamination résultent d'un contact sexuel

C’est confirmé, selon la nouvelle étude du New England Journal of Medicine réalisée sur 16 pays, 95% des cas de contamination à la variole du singe résultent d'un contact sexuel et l'immense majorité des personnes touchées étaient des hommes gays.

 L'analyse du sperme de 32 personnes a montré la présence de l'ADN du virus dans 29 cas, mais d'autres études sont requises pour déterminer si la transmission peut effectivement avoir lieu par cette voie.

Au total, 98% des cas étudiés étaient des hommes gays ou bisexuels. L'âge médian était de 38 ans. Près de 41% étaient infectés par le VIH, le virus du sida, mais la grande majorité d'entre eux étaient sous traitement. Aucun décès n'a été enregistré parmi les cas étudiés, et la plupart étaient des cas légers. Malgré tout, 13% ont été hospitalisés. Les raisons principales étaient la douleur dans la région ano-rectale, ou des infections cutanées. Mais aucune complication grave n'a ensuite été observée. Chez 23 personnes présentant un historique clair de leur infection, la période d'incubation (avant que de premiers symptômes n'apparaissent) était d'une semaine -- mais pouvait s'étendre de 3 à 20 jours.

Premier cas de polio aux États-Unis

Et pour finir, un cas de polio a été détecté aux Etats-Unis pour la première fois depuis 2013.

Un jeune Américain non vacciné a contracté la polio, ont annoncé hier les autorités sanitaires de l’Etat de New York. Résidant dans le comté de Rockland, à 48 kilomètres au nord de Manhattan, le patient a ressenti les premiers symptômes il y a environ un mois, et souffre désormais de paralysie partielle. Il n’a pas voyagé récemment et aurait donc été infecté aux Etats-Unis.

L’OMS avait prévenu le mois dernier qu’un type de poliovirus dérivé du vaccin antipoliomyélitique oral – susceptible, dans certains cas rares, d’entraîner des contaminations chez les autres mais pas chez la personne vaccinée – avait été détecté dans des échantillons d’eaux usées de Londres. Cela peut causer une grave maladie et une paralysie chez les gens non vaccinés.

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