© Midjourney x What's up Doc
La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière et le Covid-19 débutera le 13 octobre 2026 et s'achèvera, pour la grippe, le 31 janvier 2027. À quelques jours de son lancement, la Direction générale de la Santé (DGS), l'Assurance Maladie, Santé publique France et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ont présenté, ce jeudi 8 octobre, les grandes orientations de cette nouvelle saison.
L'enjeu reste important. Lors de l'hiver 2025-2026, près de 115 000 passages aux urgences pour syndrome grippal ont été recensés, dont environ 20 % ont conduit à une hospitalisation. Près de 1 400 cas de grippe ont été signalés en réanimation. Parmi les patients dont le statut vaccinal était connu, 70 % n'étaient pas vaccinés.
Pendant la période épidémique, 12 140 décès en excès, toutes causes confondues, ont également été recensés. Ce chiffre ne correspond toutefois pas au nombre de décès directement attribuables à la grippe. La saison 2025-2026 s'est révélée particulièrement intense à l'hôpital, même si l'activité grippale en ville est restée faible à modérée, selon Santé publique France.
Des vaccins contre la grippe et le Covid-19 directement dans les cabinets médicaux
C'est l'une des principales nouveautés annoncées pour cette saison. Les médecins, sages-femmes et infirmiers exerçant en libéral, ainsi que les centres de santé, pourront désormais s'approvisionner et détenir directement des vaccins contre la grippe et le Covid-19, afin de les administrer aux patients concernés par les recommandations vaccinales.
Jusqu'à présent, le parcours vaccinal reposait notamment sur le retrait du vaccin contre la grippe en pharmacie avant son administration par un professionnel de santé. La mesure doit permettre de simplifier ce parcours, en donnant aux praticiens la possibilité de proposer plus facilement une vaccination lors d'une consultation.
Cette évolution, prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, nécessite des modalités réglementaires d'application, notamment concernant l'approvisionnement, la conservation et la traçabilité des vaccins. Les autorités annoncent son déploiement à compter de cette saison, mais les conditions pratiques devront être précisées.
La vaccination antigrippale obligatoire pour les soignants se précise
Autre évolution majeure : la perspective d'une obligation vaccinale contre la grippe pour l'ensemble des professionnels de santé, salariés comme libéraux.
Dans un avis publié le 20 juillet 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) s'est prononcée en faveur d'une obligation annuelle. Elle concerne également les autres professionnels travaillant dans les établissements sanitaires et médico-sociaux auprès de personnes à risque de grippe sévère, ainsi que les étudiants des filières médicales, paramédicales et pharmaceutiques.
La HAS préconise un déploiement progressif, en donnant la priorité aux Ehpad et aux unités de soins de longue durée (USLD). Cette recommandation repose notamment sur la faiblesse persistante de la couverture vaccinale des soignants : lors de la saison 2024-2025, elle atteignait seulement 20 % dans les établissements de santé et 21 % chez les professionnels en Ehpad, contre 82,7 % chez les résidents de ces établissements.
Attention, cette obligation n'est pas encore applicable. Dans son communiqué du 8 octobre, l'Assurance Maladie précise que le cadre réglementaire permettant de la rendre pleinement opposable est attendu d'ici à la fin du premier trimestre 2027. La HAS recommande, de son côté, une mise en œuvre progressive sur deux ans, avec une éventuelle année supplémentaire.
Deux vaccins préférentiellement recommandés aux plus de 65 ans
Pour la grippe saisonnière, les recommandations privilégient, comme l'année dernière, deux vaccins dits améliorés pour les personnes âgées de 65 ans et plus : Efluelda, un vaccin à haute dose, et Fluad, un vaccin avec adjuvant.
Ces deux produits sont recommandés préférentiellement aux vaccins standards pour cette population, particulièrement exposée aux formes graves. Les vaccins standards restent toutefois utilisables.
La vaccination contre la grippe reste également recommandée aux femmes enceintes, aux personnes atteintes de maladies chroniques ou immunodéprimées, ainsi qu'aux professionnels de santé et aux personnes en contact régulier avec des patients à risque.
Pour les personnes ciblées par les recommandations, le vaccin est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Les enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique peuvent également être vaccinés, avec une prise en charge à 65 %.
Concernant le Covid-19, la vaccination demeure recommandée aux personnes présentant un risque de forme grave. Les deux vaccins peuvent être administrés lors d'une même consultation, sur deux sites d'injection différents. Aucun délai minimal n'est requis lorsque les injections sont réalisées séparément.
Bronchiolite : un nouvel anticorps monoclonal disponible
La campagne 2026-2027 de prévention des infections à virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la majorité des bronchiolites du nourrisson, a débuté le 14 septembre en France hexagonale.
Deux stratégies alternatives de prévention sont proposées : la vaccination de la femme enceinte avec Abrysvo, entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée, ou l'immunisation du nourrisson par un anticorps monoclonal.
Cette saison, l'arsenal de prévention s'élargit avec l'arrivée d'Enflonsia, aux côtés de Beyfortus et de Synagis, réservé à certaines situations particulières.
Les autorités sanitaires rappellent toutefois la nécessité de respecter les indications et modalités d'utilisation propres à chaque produit. Des erreurs médicamenteuses ont été signalées lors de la saison précédente, susceptibles d'entraîner une absence de protection ou des effets indésirables. Une fiche synthétique destinée aux professionnels de santé doit permettre de prévenir ces erreurs.
Lors de l'hiver 2025-2026, l'épidémie de bronchiolite a été d'intensité relativement faible, une situation que les autorités mettent notamment en relation, avec prudence, avec les campagnes de prévention contre le VRS.
Près de 21 millions de personnes invitées à se faire vacciner
L'Assurance Maladie renforce également son dispositif de mobilisation des populations à risque.
Près de 21 millions de personnes ont reçu en septembre un courrier d'invitation à la vaccination antigrippale, accompagné d'un bon de prise en charge à 100 %. Ce document fait office de prescription médicale, sans qu'une ordonnance supplémentaire soit nécessaire pour retirer le vaccin en pharmacie. Pour les enfants de moins de 11 ans, seuls les médecins et les sages-femmes peuvent compléter la partie prescription.
À partir du 13 octobre, les personnes invitées recevront un courriel annonçant l'ouverture de la campagne, puis deux relances par SMS ou courriel, espacées de trois semaines, lorsqu'aucun remboursement de vaccin n'aura été enregistré.
L'Assurance Maladie prévoit également de contacter par téléphone 250 000 assurés particulièrement vulnérables, notamment ceux bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire ou ne disposant pas de médecin traitant. Les personnes de 65 ans nouvellement éligibles et les patients de 18 à 64 ans récemment admis en affection de longue durée (ALD) seront particulièrement ciblés.
Enfin, les professionnels de santé restent des relais essentiels pour encourager la vaccination des personnes les plus fragiles. Au-delà des vaccins, les autorités rappellent l'importance des gestes barrières, notamment le port du masque en cas de symptômes respiratoires, l'hygiène des mains et l'aération régulière des locaux.
A voir aussi
Implants en polypropylène : des victimes interpellent les politiques après la mort d'Arnaud Denis
Erreurs médicales : pourquoi les condamnations des médecins coûtent de plus en plus cher
IVG : en ville, les sages-femmes devancent de loin les généralistes et gynécologues