Budget de la Sécu 2027 : arrêts maladie, médicaments, soins de ville… où le gouvernement veut économiser

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Réforme sur les arrêts maladie, développement du dispositif « France Santé », hausse des dépenses pour les établissements de santé… Le gouvernement vient de présenter son projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2027 et ses grandes orientations.

Budget de la Sécu 2027 : arrêts maladie, médicaments, soins de ville… où le gouvernement veut économiser

© Laura Hespel

C’est un budget de concessions et « d’effort » qui a été présenté ce matin à la presse. Alors que le déficit de la Sécurité Sociale est estimé à 21,8 milliards d’euros pour l’année 2026, le gouvernement prévoit un important effort de redressement pour le ramener à « 12,7 milliards » en 2027, annonce Stéphanie Rist, Ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. 

L’objectif national des dépenses d’Assurance maladie (Ondam) progresserait de 2 % en 2027, pour atteindre 278,7 milliards d’euros, soit environ 5,5 milliards de plus qu’en 2026. « Cette trajectoire est exigeante, mais elle est indispensable, car sans mesure de redressement, le déficit public se dégraderait d’environ un point du PIB en 2027 », détaille David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics.

Le gouvernement souhaite économiser grâce aux médicaments et aux arrêts maladie 

Outre les mesures déjà mises en place comme la hausse des franchises médicales, le gouvernement envisage de réaliser plus de 5 milliards d’euros d’économies nouvelles dans le champ de la santé, notamment via les médicaments et les arrêts maladie.

Il souhaite réaliser 1,3 milliard d’euros d’économie grâce à des baisses de prix des médicaments, tout en revoyant les modalités de prise en charge de certains traitements afin de dégager des marges pour financer les plus innovants. La Haute Autorité de santé (HAS) pourrait être chargée de réévaluer régulièrement l’intérêt médical des traitements déjà remboursés et, le cas échéant, leur niveau de prise en charge.

Du côté des arrêts maladie, l’objectif de l’exécutif est de réduire les dépenses de 2 milliards d’euros. Il prévoit de renforcer le lien entre les médecins et l’Assurance Maladie, notamment via le dispositif « SOS IJ », un meilleur encadrement des prescriptions et davantage de contrôles. Une partie de cet effort doit encore être définie avec les partenaires sociaux, tandis que la fiscalisation de certaines indemnités journalières est également envisagée.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/budget-de-la-secu-2-de-hausse-des-depenses-de-sante-en-2027-un-objectif-juge-irrealiste-par

Des dépenses maintenues pour les professionnels de santé et pour la prévention

Mais au-delà des mesures d’économies, la ministre Stéphanie Rist a évoqué « plusieurs grands axes de travail » comme « la continuité de l’adaptation des établissements de santé aux grandes crises, notamment climatiques ». 

L’objectif est de préserver les dépenses hospitalières : l’enveloppe destinée aux établissements de santé progresserait de 3 % en 2027. L’Ondam consacrerait par ailleurs 50 milliards d’euros à la rémunération des professionnels de santé, sous forme d’honoraires et de forfaits, notamment dans le cadre des négociations conventionnelles concernant les pharmaciens, les transporteurs sanitaires, les kinésithérapeutes, les orthophonistes et les sages-femmes.

L’objectif est également d’élargir l’offre et l’accès aux soins en renforçant notamment le dispositif « France Santé », en augmentant l’enveloppe consacrée aux étudiants en santé et aux « missions solidarités territoriales ». 

Le PLFFS prévoit aussi de financer un dispositif transitoire pour les agents de la fonction publique hospitalière à compter de 2027, dans l’attente de la réforme de la protection sociale complémentaire dont l’entrée en vigueur serait repoussée à 2028.

Le gouvernement mise par ailleurs sur le renforcement de la prévention en améliorant les grandes campagnes de dépistage de certaines maladies comme le cancer, en simplifiant le parcours vaccinal et en étendant la « taxe soda » à certaines catégories de produits sucrés transformés, afin de prévenir notamment l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Mais le texte est encore loin d’être définitif : reste à savoir ce que donneront les débats parlementaires sur le PLFSS qui doit être examiné au cours des prochaines semaines.

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