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Red Bull, Monster Energy, Crazy Tiger ou encore Ciao Energy : les boissons énergisantes se développent en France, revendiquant des propriétés stimulantes sur le plan physique et intellectuel.
Si ces boissons « ne posent pas de risque sanitaire en population générale » lorsqu’elles sont consommées en quantité « raisonnable », leur consommation apparaît globalement « excessive » en France, pointe une version provisoire du rapport de la mission d’information copilotée par Yannick Neuder et Sandrine Runel.
Chez les enfants et les adolescents, cette consommation « peut bel et bien engendrer des effets nocifs », souligne le rapport, soumis à l’adoption de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.
Symptômes cardiovasculaires et psychologiques
Plusieurs effets indésirables liés à ces boissons, notamment des symptômes cardiovasculaires ou psychologiques, ont déjà été signalés en France. Ils sont principalement associés à une consommation excessive de caféine, éventuellement couplée à une prise d’alcool.
« On sait très bien que chez nos enfants, cette caféine à grosse dose peut entraîner des palpitations, des troubles de la concentration, de l'angoisse, des troubles du sommeil et à terme du diabète et de l'hypertension artérielle », a déclaré le cardiologue sur RMC.
Face aux « risques sanitaires encourus par les jeunes », les deux députés recommandent donc d’interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans et de les retirer des distributeurs automatiques.
« L’idée est de faire de la pédagogie pour expliquer aux jeunes qu’ils n’ont pas besoin de ces boissons sucrées pour se maintenir en forme et lutter contre la fatigue », a expliqué Sandrine Runel à l’AFP.
Les cocktails alcool-énergisant type Vody également visés
La mission s’est aussi penchée sur les boissons alcoolisées prêtes à boire, comme les canettes de Vody, un cocktail mélangeant vodka, café et taurine.
Ces boissons sont « nocives pour la santé » et « atteignent ou dépassent bien souvent la dose quotidienne recommandée en un seul contenant », alertent les rapporteurs. Ils pointent également leur attractivité auprès des jeunes, notamment en raison de leur « marketing » et de leur prix « bon marché ».
Yannick Neuder et Sandrine Runel souhaitent étendre la taxe « prémix » - qui frappe certaines boissons alcoolisées préparées et sucrées, à toutes « les boissons alcoolisées prêtes à boire présentant un titre alcoométrique volumique supérieur à 12 % vol ».
Déjà lorsqu’il était ministre de la Santé, Yannick Neuder avait évoqué devant l’Assemblée nationale la possible interdiction de la Vody, qui n’a finalement pas vu le jour.
Publicité sur les réseaux sociaux dans le viseur
Les deux députés demandent également de renforcer l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs, jugée « pas appliquée ou trop peu », notamment en permettant de procéder à des tests de vente d’alcool sur des mineurs.
Le rapport estime par ailleurs que la législation sur la publicité pour l’alcool « ne semble plus adaptée à la réalité des réseaux sociaux » et préconise de « mettre un terme à l’autorisation de la propagande et de la publicité en faveur des boissons alcooliques sur les services de communication en ligne ».
Ces recommandations doivent alimenter des amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 ainsi qu’une proposition de loi, selon Sandrine Runel.
Avec AFP