Quand les médecins quittent médecine : portrait d'Albane, maintenant cavalière

Albane Le Gall a commencé médecine pour faire de la chirurgie plastique. Très manuelle, elle exprimait petite un côté artistique qui, mêlé à son désir de soin, lui a fait élire cette profession comme idéale. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu !

C’est avec une pointe d’humour qu’Albane se souvient de ses pires souvenirs d’externe à Angers lors de son stage en chir’ plastique, avec des chirurgiens parfois désagréables. Un jour, elle entend même « qu’il lui manquerait de se faire refaire les seins »

Son départ de médecine s’est fait en deux temps. Elle a commencé par partir un semestre au Viêtnam. « Ça faisait deux ans que je me questionnais sur mes études. J’ai décidé de partir à l’étranger. Ce devait être un second souffle pour mieux repartir après. Ou peut-être était-ce une immense fuite en avant ? Avec du recul je n’en sais rien (rires). Je me sentais étouffée, prise au piège dans un quotidien exclusivement médical, y compris dans les conversations entre amis. » 

Ce n’était que le début d’un long questionnement existentiel. Mais une rencontre lui a redonné de la motivation, un médecin qui pratiquait plusieurs sortes de médecines : médecine de montagne, médecine légale, esthétique. « Il avait une vision différente de la pratique, beaucoup plus ouverte que ce dont on nous parle au CHU et à la faculté. » Inspirée par cette rencontre, elle relance son projet de devenir généraliste, et d’allier ses passions à son métier. Mais ce second souffle n’a pas duré. « C’est plutôt l’approche éducative, le système de la Fac’ qui ne me correspondait pas. Une énorme densité de cours pour finalement du pur bachotage. Un système malsain dû à trop d’élitisme, trop de hiérarchie. Un bon médecin n’est pas uniquement celui qui connaît le plus de choses. Il est censé être humain avant tout. »

Les réactions de son entourage ? Très hétérogènes. Du déni pour certains, de l’étonnement pour d’autres, de l’incompréhension parfois. « Certains pensaient que j’allais gâcher ma vie. D’autres se sont posé eux-mêmes la question ! Je n’ai été ni déçue ni étonnée car j’étais sereine dans ma décision, que j’ai prise seule. »

Tournez manège

Aujourd’hui Albane, qui avait poursuivi sa pratique de l’équitation, est devenue cavalière maison au haras de Safarome, à Sallertaine en Vendée, chez Jérôme et Sandrine Proux, des cavaliers professionnels de dressage, course et saut d’obstacles. Sa journée-type est bien différente aujourd’hui ! Au grand air dès 8 heures, elle s’occupe de l’intendance des écuries puis monte à cheval.

De son parcours dans le cursus médical, elle conserve le côté humain, la sensibilité. Ces attributs qu’elle a développés tant bien que mal lors de ses études, elle les met à profit pour être le plus à l'écoute possible des chevaux. D’ailleurs, elle n’exclut pas le soin de ses pratiques futures. Elle s’interroge sur un projet d’équithérapie. Et aussi, sur la pratique de la physiothérapie ou de l’ostéopathie équine, ce qui lui permettrait d’allier ses deux passions.

En bref, je suis parti parce que :

« Je ne me sentais plus à ma place et j’ai retrouvé la joie de vivre que je perdais petit à petit pendant mes années d’études. »

Arrêt : 5e année

Portrait de Anaïs Charon
article du WUD 44

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