Pollution de l’air : Un confinement qui sauve des vies

Bonne nouvelle ! Alors que la courbe des contaminations à la Covid-19 atteignait des sommets pendant le premier confinement, celle de la mortalité liée à la pollution de l'air ambiant diminuait. En tout, plus de 3 000 vies auraient été épargnées.  

Dans notre malheur, il y a un bonheur. D’après le programme « Air et Santé » de Santé Publique France, le premier confinement aurait permis de sauver de nombreuses vies en raison de la diminution de l’exposition de la population aux pollutions atmosphériques.  « Environ 2 300 décès évités en lien avec une diminution de l’exposition de la population française aux particules ambiantes ; 1200 décès évités en lien avec une diminution de l’exposition au dioxyde d’azote, liée principalement au trafic routier », énumère Santé Publique France.

Un joli score donc obtenu grâce aux mesures de restrictions décidées en mars dernier en France. Pour rappel, l’Hexagone a été mis sous cloche du 17 mars au 11 mai 2020. « Cette mesure sans précédent a (…) conduit à un ralentissement massif de l’activité et de la circulation de la population avec des conséquences sanitaires, économiques, sociétales et environnementales », rappelle Santé Publique France.

Une activité au point mort qui a donc largement influé sur les chiffres de la mortalité liée à la pollution de l’air. « Ces bénéfices sont majoritairement dus à des effets évités à plus long terme (diminution de la contribution de la pollution au développement de pathologies conduisant au décès), et dans une moindre mesure à des effets évités à court terme (décompensation de pathologies préexistantes) », explique Santé Publique France.

Pour l’Institution, il n’y pas de doute : ce bilan positif nous invite à poursuivre nos efforts. « Évidemment, les conditions de confinement ne sont pas des conditions souhaitables pour améliorer cette qualité de l'air mais il est nécessaire d'utiliser ces résultats pour pousser la réflexion sur les modalités qui permettent d'arriver à des diminutions durables sur la qualité de l'air », note Sébastien Denys, directeur santé, environnement, travail à Santé Publique France.

Afin d’y voir plus clair, Santé Publique France a profité de la publication de ces données pour réévaluer « le fardeau que représente la pollution atmosphérique sur la mortalité annuelle en France métropolitaine pour la période 2016-2019 ». « Il ressort de cette réévaluation que chaque année près de 40 000 décès seraient attribuables à une exposition des personnes âgées de 30 ans et plus aux particules fines (PM2,5) », indique l’Institution.

Des indicateurs inquiétants qui tendent pour autant à s’améliorer. Une « tendance à la baisse de la mortalité en lien avec la pollution de l’air ambiant » a ainsi été constatée. « 7% de la mortalité totale de la population française attribuable à une exposition aux PM2,5 versus 9 % sur la période 2007-2008 », souligne Santé Publique France.

Cette amélioration n’a pourtant rien d’une victoire. Et pour cause, l’exposition aux particules fines représente encore une perte d’espérance de vie de près de huit mois pour les personnes âgées de 30 ans et plus. Des données qui nous invitent à passer la deuxième dans notre lutte pour améliorer la qualité de l’air.
 

Portrait de Julia Neuville

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