« Petits arrangements entre amis » : Les pharmaciens portent plainte contre les médecins et infirmiers

Article Article

Après une charge commune de l'UFML-S et de Convergence Infirmière contre les nouvelles compétences accordées aux pharmaciens, qu'ils qualifient de « petits arrangements entre amis », l’USPO riposte en saisissant les Ordres professionnels pour « dénigrement » et « calomnie ».

« Petits arrangements entre amis » : Les pharmaciens portent plainte contre les médecins et infirmiers

© Midjourney x What's up Doc

 

Le torchon continue de brûler entre pharmaciens, infirmiers et médecins libéraux. L'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO) a annoncé avoir saisi les juridictions ordinales après un communiqué commun particulièrement virulent de l'Union française pour une médecine libre (UFML-S) et de Convergence Infirmière contre l'élargissement des missions des pharmaciens.

Dans ce texte daté du 25 septembre et intitulé « Les "petits arrangements entre amis", ça suffit ! », les deux syndicats contestent les transferts de compétences vers les officines, estimant que les pharmaciens ne disposent pas de la formation clinique des médecins et des infirmiers.

Ils ciblent notamment les nouvelles dispositions prévues par la loi Neuder sur la prévention cardio-neuro-vasculaire, qui permet désormais aux pharmaciens de mesurer la tension artérielle dans une démarche de prévention.

La rémunération de cette nouvelle mission doit faire l'objet de négociations conventionnelles. Début septembre, la perspective d'un tarif de 15 euros, défendu par la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), avait déjà fait réagir l'UFML-S.

« Très régulièrement favorisés »

Le communiqué du 25 septembre ne cite toutefois pas explicitement la loi Neuder et vise plus largement les extensions successives des missions confiées aux pharmaciens, en allant beaucoup plus loin qu’une critique de l’organisation des soins. 

L'UFML-S et Convergence Infirmière mettent notamment en cause la double position de « conseil et de vendeur » des pharmaciens et les accusent d’être régulièrement favorisés par les gouvernements récents, au point d'écrire que « se pose clairement la question d'une collusion ». 

Les deux organisations réclament qu'« aucune compétence médicale ou infirmière » ne puisse être accordée aux pharmaciens sans que des représentants des médecins et infirmiers participent aux discussions, et souhaitent que cette obligation soit inscrite dans la loi. 

L'USPO saisit les Ordres

La réplique des pharmaciens n'a pas tardé : l'USPO estime que les deux syndicats ont franchi la limite du débat professionnel. « Contester une politique de santé est légitime. Débattre de l'organisation des soins est nécessaire », écrit le syndicat dans un communiqué paru lundi. Mais « Dénigrer et calomnier une autre profession de santé n’est aucunement acceptable ». 

Son président, Pierre-Olivier Variot, vise particulièrement les termes employés (« collusion », « petits arrangements entre amis ») qui portent, selon lui, atteinte à l'honneur des pharmaciens d'officine et de leurs équipes. L'USPO défend de son côté des nouvelles missions résultant de décisions législatives et réglementaires destinées à améliorer l'accès aux soins. 

Le syndicat annonce avoir saisi les juridictions compétentes des trois ordres respectifs, sans détailler dans le corps du texte les trois procédures.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/etre-la-fois-medecin-et-pharmacien-cest-possible

Ce n’est pas la première passe d’armes entre l’USPO et Convergence Infirmière, rappelle le syndicat pharmacien. Une procédure engagée en janvier après des propos visant les pharmaciens s’était soldée par une conciliation, lors de laquelle « Convergence Infirmière se serait engagée, selon l’USPO, à ne plus dénigrer la profession ».

Aucun commentaire

Les gros dossiers

+ De gros dossiers