Macron, 20h : Un ensemble d’annonces globalement bien accueilli par le corps médical

Au lendemain de la parole présidentielle, la communauté médicale semble globalement satisfaite du protocole annoncé. Le calendrier vaccinal annoncé et l’isolement renforcé des personnes atteintes de Covid-19 ont tout de même fait grincer quelques dents.
 

C’était un discours très attendu. Pour la sixième fois consécutive, le Président de la République s’est adressé aux Français hier, mardi 24 novembre. L’objectif ? Fixer le cap des prochaines étapes du confinement mis en place en France depuis déjà trois semaines.
 
« Le pic de la seconde vague de l’épidémie est passé », a assuré Emmanuel Macron. Devant 25 millions de téléspectateurs, le Chef de l’État a annoncé un début de déconfinement progressif, basé sur trois étapes distinctes dont la première débutera le 28 novembre prochain. Au programme ? Une levée progressive des restrictions conditionnée à l’évolution des indicateurs sanitaires.
 
Un cahier des charges qui, s’il n’a pas totalement convaincu la communauté médicale, n’a pas provoqué de levée de boucliers dans les rangs des médecins. Très méfiants par rapport à l’évolution de la pandémie, ceux qui ont déjà essuyé une première et une seconde vague prônent avant tout la prudence.
 
Pour autant, certains points évoqués par le Président de la République ont donné place à des commentaires dubitatifs. À commencer par cette phrase prononcée sans plus de détails :  «  Je souhaite que le gouvernement et le Parlement prévoient les conditions pour s'assurer de l'isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante », a indiqué le Président.

Une sortie qui a interpellé la vice-présidente de France Assos Santé, une fédération d’associations d'usagers et de patients. « Je ne crois pas en la coercition. La clé, c'est d'assurer aux personnes qui vont devoir s'isoler quelques jours qu'elles n'auront aucune perte de salaire et des aides concrètes pour faire leurs courses par exemple. », a indiqué Claude Rambaud dans les colonnes du Parisien. Un point de vue partagé par Benjamin Davido, infectiologue à Garches, qui ajoute voir dans cette annonce un « voeu pieux, extrêmement difficile à mettre en oeuvre et qui ne réglera pas le problème ».
 
Autre point de crispation : l’annonce de l’arrivée d’un vaccin dès décembre. La plupart doute, en effet, du calendrier annoncé. Le Pr Elisabeth Bouvet, présidente du comité technique de vaccination à la Haute Autorité de santé, indique, ainsi, auprès de nos confrères : « On est assez confiant pour pouvoir le faire en janvier mais, en décembre, cela paraît trop juste. Il faut que les laboratoires aient remis leurs dossiers d'évaluation, que l'Agence européenne du médicament les valide, puis que l'Agence française du médicament statue, cela demande beaucoup de travail. ».
 
Une donne qui n’empêche pas l’ensemble des professionnels de se réjouir de l’espoir de l’arrivée imminente d’un vaccin.
 

Quelles sont les prochaines étapes ?
 
À partir du 28 novembre : L’amorce du déconfinement débutera ce jour-là. Au programme ? Un confinement toujours en vigueur, mais la possibilité de se déplacer « dans un rayon de 20 km et pour trois heures ». Un allégement qui s’accompagne de l’ouverture des commerces et la reprise des services à la personne dans un protocole sanitaire strict. Les activités périscolaires seront de nouveaux autorisées, ainsi que l’organisation de cérémonies religieuses dans la limite annoncée de 30 personnes. Le télétravail, lui, reste la règle.
 
À partir du 15 décembre : Si la courbe des contaminations demeure sous la barre des 5 000 et que moins de 2 500 personnes sont en réanimation, « le confinement pourra être levé », à indiqué le Président. Une déconfinement qui sera accompagné de la mise en place d’un couvre-feu, de 21h à 7h - à l’exception du 24 et 31 décembre où il sera levé exceptionnellement. Les cinémas, les théâtres, les musées devraient, quant à eux, rouvrir leurs portes. Un allégement qui ne s’appliquera pas aux stations de ski, dont la réouverture est envisagée pour janvier.
 
À partir du 20 janvier : « Si le nombre de contaminations demeure en dessous de 5000 cas par jours », a annoncé le Président, les restaurants, cafés et salles de sport seront autorisés à rouvrir. Les lycéens, quant à eux, pourront lâcher leur ordinateur et attraper leurs livres pour se rendre en cours en 100 % présentiel. Les Universités, elles, devront encore attendre deux semaines. A noter que les grands rassemblements, comme dans les parcs d’attractions, les événements festifs ou les parcs d’expositions, demeureront interdits.
 

 

Portrait de Julia Neuville

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