Les patients à l’affut des effets secondaires

Et le champion de la pharmacovigilance est...

Qu'elles soient réalisées par les patients ou par les professionnels de santé, les déclarations spontanées des effets indésirables des médicaments sont de même qualité. Elles diffèrent juste en matière de gravité.

En matière de pharmacovigilance, les patients assurent ! C’est ce que montre une étude française publiée récemment dans la revue Thérapie et relayée par l’Agence de Presse Médicale (APM). Avant de revenir plus en détails sur le rôle de ces alliés de poids, un petit retour en arrière s’impose. Depuis 2011, les effets secondaires des médicaments et des produits de santé peuvent être notifiés directement par les particuliers aux autorités sanitaires.

L'objectif de cette recherche prospective, menée par Audrey Lagneau et ses collègues du CHU de Nice, était donc de comparer la pertinence et l’informativité des notifications des effets secondaires en fonction du profil de l’individu. L’équipe niçoise a pu ainsi travailler à partir de 61 déclarations spontanées de patients et 122 déclarations de professionnels réalisées entre janvier et septembre 2016 au Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV) de Nice-Alpes-Côte d'Azur.

Les patients tiennent la dragée haute

Et les résultats sont sans appel. Lorsqu’il s’agit de leur santé, la rigueur est de mise côté patients. La totalité des critères critiques (nom du malade, du médicament, date de survenue de l'effet indésirable, etc.) avaient été fournis dans 89 % des déclarations de patients et 84 % de celles réalisées par les professionnels.

Les médecins gardent toutefois le dessus sur la partie des éléments non critiques (dosage, posologie, etc.) qui manquaient dans 49 % des déclarations de patients contre 42 % des déclarations des professionnels. Idem sur la sémiologie, évaluée lors des réunions multidisciplinaires hebdomadaires. Celle-ci était « compréhensible » dans 89 % et 91 % des déclarations de patients et de professionnels de santé, respectivement. Ouf, l’honneur est sauf… même si ces différences ne sont pas statistiquement significatives, rappellent les auteurs des travaux. Aïe !

Pas de petits bobos pour les patients

Enfin, dernier point et pas des moindres, les professionnels de santé ont moins tendance à déclarer les symptômes de moindre gravité que les patients. Parmi les déclarations des professionnels, 88 % concernaient un effet indésirable grave (décès, hospitalisation, invalidité permanente, mise en jeu du pronostic vital, etc.) contre 31 % pour les déclarations des patients.

« Notre étude confirme la possibilité d'exploiter les déclarations spontanées d'effets indésirables notifiés par les patients », commente Audrey Lagneau. « Ces notifications sont à encourager, afin de refléter l'utilisation en pratique des médicaments, et leur bénéfice/risque en situation, tout en confortant les directives européennes », conclut-elle. La relation patient-médecin a de beaux jours devant elle, qu’en dites-vous ?

Source: 

Bruno Martrette-Gomez

Portrait de La rédaction

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